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Par Melfrid le samedi 15 mai 2010, 00:20 - Lien permanent
Le train continue à se frayer un chemin dans ma vie. Mais on pardonne beaucoup à un train. Parce que c’est un train. Contrairement à une voiture, il passe par l’arrière du monde. Les maisons classées du quartier de la gare s’avèrent être des taudis. Mais ces ruines ne se voient que depuis la voie ferrée. Aucun véhicule ne vous donne une vue plus sincère du pays que le train. Contemplez nos jardinets, nos pigeonniers, nos cabanes. Admirez nos sous-vêtements qui sèchent dehors. Contemplez nos nains de jardin, nos céleris, nos poireaux, nos vérandas et nos barbecues maçonnés. Regardez comment les vaches font places aux monstres de brique, construits par des gens sans goût avec la complicité des banques et amochant le paysage flamand. Prenez le train et regardez comment, immobiles le long de la voie, le marbre et le granit s’ennuient sous une couche de poussière, offrant une dernière demeure à nos proches.
La Merditude des choses de Dimitri Verhulst