Les canards et les alouettes
Par Melfrid le mardi 12 janvier 2010, 20:28 - Lien permanent
Laurent Dupin lance une enquête sur le "recyclage des journalistes", fort à propos, tant il est avéré que la société médiatique les considère comme jetables.
Le travail pour les journalistes est donc de plus en plus rare et de plus ou en plus mal payé. Pierre Chappaz compare même la situation de la profession à celle de la sidérurgie il y a trente ans: une industrie inadaptée à son temps, maintenue sous perfusion des aides de l'Etat.
Le travail pour les journalistes est donc de plus en plus rare et de plus ou en plus mal payé. Pierre Chappaz compare même la situation de la profession à celle de la sidérurgie il y a trente ans: une industrie inadaptée à son temps, maintenue sous perfusion des aides de l'Etat.
Parmi les rares solutions évoquées : arrêter de former de nouveaux journalistes, du moins avec les méthodes traditionnelles d'une profession jalouse de son prestige et rétive aux évolutions. Pour y avoir usé quelques fonds de culottes, pour avoir aussi passé un peu de temps sur les forums dédiés, je ne peux qu'aller dans ce sens. Chez les professionnels de la profession comme chez les jeunes aspirants, il y a le mythe commun du Tintin reporter entretenu par une petite élite en place, alors que 95 % de la profession tient en quatre mots : le desk, le conformisme, la routine et la précarité.
En France, aujourd'hui, il y a peut-être davantage de gosses qui rêvent d'être journalistes que de lecteurs réguliers de la presse écrite.
Alors, la presse aujourd'hui se résumera-t-elle à BFM TV, 20 minutes et une nébuleuse de blogs d'où seule une élite pourra tirer une information fiable ?
On a pourtant encore besoin des journalistes. De ceux qui considèrent que leur signature engagent leur professionnalisme. De ceux qui ont compris qu'on peut être exigeant en restant pédagogues. De ceux qui savent s'extraire des vents contraires des multiples intérêts croisés.
Pour que la presse d'aujourd'hui ne soit pas la sidérurgie de demain, la clef est sans doute dans l'éducation. Il faut éduquer les futurs citoyens à exiger une information de qualité. Il faut aussi éduquer les futurs journalistes à ne pas se jeter dans le miroir aux alouettes, et ouvrir les formations à un monde professionnel varié qui doit savoir ce qu'il communique avant de vouloir, à tout prix, "communiquer".