15 pédale, Saints Adelphes, esotéristes

Nous allons faire du scrutin du 7 juin un double référendum contre le traité de Lisbonne et contre la politique libérale de Sarkozy. Le peuple va parler.

Ces mots ont été prononcés hier par Jean-Luc Mélenchon, qui cherche à ratisser la gauche gauche de la gauche au motif prétendument rassembleur de l'opposition à un amalgame.

Au secours, les nonistes sont de retour.

Pitié pour le scrutin européen ! Arrêtez de tirer sur les ambulances ! Comment Mélenchon peut-il se prétendre d'une autre Europe, mais d'Europe quand même, alors qu'il caricature l'unique rendez-vous démocratique de l'Union en une consultation démagogique et franco-française ?

L'Europe n'est pas le traité de Lisbonne ; le traité de Lisbonne n'est pas la politique de Sarkozy. L'Europe mérite mieux qu'un référendum. Elle mérite mieux que ce piteux spectacle. Elle mérite un véritable espace politique européen, avec des formations politiquement cohérentes par-delà les frontières. Elle mérite un débat d'idées à son échelle.

Mélenchon, Buffet et Besancenot étant des spécialités franchouillardes, ils seraient en effet bien en peine de trouver dans d'autres pays quiconque voudrait bien dialoguer avec eux. Peut-être les ultra-libéraux ultra-sceptiques tchèques ? La droite du parti conservateur britannique ? Ce seraient là bien les meilleurs partenaires pour une alliance objective.

Derrière les mots des nonistes, de gauche comme de droite, perce la petite musique du nationalisme.

Or, il paraîtrait que le nationalisme, c'est la guerre. En ces temps de crise, faudrait voir à ne pas l'oublier.