Melfrid s'en va-t'en guerre

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Transport cycliste

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mercredi 15 avril 2009

Dédale

24 clinamen, Saint Tupetu de Tupetu, organisateur de loteries

Vous trouvez Paris congestionné, asphyxié, envahi par l'automobile?

Vous toussez quand vous longez l'autoroute A4 et vous vous demandez quel cerveau malade a bien pu concevoir la porte de Bercy?

Rassurez-vous, ça aurait pu être pire. Nous avons frôlé l'invivable.

A la fin des années soixante, le plan d'aménagement de la ville ressemblait à ça:

Parisautoroutes.jpg

  • En rouge, les autoroutes et voie express actuelles
  • En violet, les autoroutes prévues à l'époque
  • En bleu foncé, les différentes autoroutes prévues par le plan
  • En bleu clair, les sections enterrées
  • Les traits fins correspondent aux sections unidirectionnelles.


Non seulement ce plan existait, mais il on peut deviner l'intention de sa réalisation en plusieurs points à Paris. Les voies sur berges actuelles n'étaient que les premières pièces d'un hideux puzzle.

Plus d'infos ici...


samedi 14 mars 2009

La preuve par l'image

21 pédale, Saint Inscrit, Converti

rue.jpg

(Merci à Sébastien pour le tuyau)

vendredi 31 août 2007

Le vélo n'est pas une voiture comme les autres

20 phalle, saint Pie VIII, navigant

Ce matin était un matin bien ordinaire.

Je m'acheminais vers mon lieu de travail sur mon inséparable vélo suivant un invariable trajet. On peut dire que le vélo connaît le trajet, et c'est tant mieux, vu que je ne suis guère du matin. Par exemple, le vélo sait qu'à la fourche de Saint-Machin, au pied de la BNP, il peut s'arrêter un peu en avant du feu, ça lui donne une légère avance au démarrage sur les autos qui le frôlent en s'engouffrant dans la ruelle suivante.

Seulement, aujourd'hui, le vélo, sagement à l'arrêt, n'avait pas vu le petit scooter poussif qui passait en face. Sur cette monture humiliante se tenait un jeune homme vêtu d'un improbable uniforme. Un coursier? Un laveur de carreaux? Non: un policier municipal de Saint-Machin. Dans un petit couinement, le jeune homme s'arrête et m'interpelle d'une voix fluette:

- Vous savez que vous êtes en infraction? Le feu, c'est deux mètres en arrière, pas ici.

Je tente de sortir de ma torpeur matinale pour tenter de lui bredouiller le pourquoi du comment: je m'étais légèrement avancé afin de me frayer un chemin entre un camion-poubelle et une BMW rouge, mais je n'avais pas l'intention de griller une quelconque priorité, ça non.

- Oui, vous dites ça, mais si vous ne m'aviez pas vu, vous l'auriez grillé, se gargarise le gamin sous son casque de solex. Vous savez, on vient d'avoir des consignes pour verbaliser sévèrement les vélos...

Afin de me libérer au plus vite, je réprime des Mais... et j'écoute le sermon, sans toutefois pousser la docilité jusqu'à promettre qu'il ne m'y reprendrait jamais.

Le raisonnement de la Préfecture est donc: les vélos ne respectent pas le code de la route; donc, les vélos sont dangereux; or, il y a davantage de vélos sur la chaussée depuis l'apparition des Vélib'; donc, il faut sanctionner davantage.

Quiconque a déjà posé ses fesses sur un Vélib' comprend aisément que le code de la route et les aménagements de la chaussée qui en découlent ne sont pas adaptés aux vélos. Pour rouler avec un minimum de confort et de sécurité, on ne peut pas faire l'économie de légères entorses au code de la route.

C'est le code de la route qui va devoir s'adapter et cesser enfin de considérer un vélo comme un véhicule parmi d'autres.

mercredi 4 juillet 2007

De l'opacité du bicycle

19 gidouille, Saint Sein, tautologue

Selon L'Express de cette semaine, les architectes des bâtiments de France auraient refusé qu'on installe des bornes Velib' sur l'avenue de l'Opéra ou place de la Concorde par souci de ne pas gâcher la perspective sur d'illustres monuments parisiens. Sur ces espèces d'autoroutes urbaines, les bagnoles, elles, sont probablement transparentes à leurs yeux.

mercredi 2 novembre 2005

Inutile carcasse

26 haha, Commémoration du Cure-dent

Cette date est à marquer d’une pierre blanche comme un petit pas pour l’Humanité, mais comme un bond de géant pour Melfrid. Aujourd’hui Paris s’est éclaircie de quelques centimètres cubes de pollution ; Paris s’est allégée de l’encombrement inutile de quelques mètres carrés d’une cage métallique. En ce jour du premier novembre 2005, Melfrid a débarrassé la ville de la nuisance inutile de l’automobile qu’il laissait garée au pied de son immeuble.

Certes, la petite clio évitait généralement de s’agglutiner avec la foule imbécile de la voirie fumeuse des heures de pointe. Certes, elle se savait délaissée à la faveur du destrier à manivelle qui fend le bois de Vincennes deux fois par jour. Certes, elle avait cherché à clarifier ses exhalaisons grâce à l’adjonction d’huile de fleur solaire au dégoûtant substrat pétrolier qu’elle ingurgite. Pourtant, elle était décidément trop peu utile pour justifier sa présence dans un paysage urbain saturé par ses semblables.

Adieu clio, et, plus que jamais, vive le vélo en ville !

mercredi 12 octobre 2005

Vélo et fluvial, des transports d'avenir

7 haha, St Prout, abbé


(Merci à Elodie).

jeudi 28 avril 2005

Petit plaisir honteux n°1

9 palotin, Sts Boleslas et Ladislas, polonais

L’ami Torpedo vient de m’assigner une étrange mission, suivant le principe de ces petits jeux qui se passent le relais de blogue à blogue. L’idée : confier à la cantonnade trois « petits plaisirs honteux », puis désigner trois autres blogueurs pour faire de même.

Bénissez-moi, mon père, parce que j’ai péché. Le premier plaisir honteux que je m’apprête confier pourrait bien me valoir quelques années de purgatoire sans pain ni eau au fond d’une fosse de garagiste ou dans les geôles de l’automobile-club.

Alors voilà. C’est la nuit, heure de toutes les activités coupables et autres petites lâchetés qui n’osent s’exprimer au jour. Je suis seul. Je marche sur un trottoir en poussant mon vélo à bout de bras. Arrivé à un croisement, je m’apprête à traverser la rue, mais quelque chose m’en empêche. Quelque chose de démesuré est posé au lieu où des rayures horizontales délimitent pourtant clairement une zone réservée au passage des piétons. C’est un véhicule à moteur équipé de quatre roues motrices fort utiles pour traverser l’Amazonie sur un trajet domicile-travail. Il dépasse du niveau général des automobiles en longueur, en largeur et en hauteur. Il est pourvu de dispositifs défensifs indispensables en cas d’attaque de meute de rhinocéros enragés et d’une roue de secours saillante en cas d’éclatement de pneu sur un éclat de silex au milieu d’une piste déserte de 300 kilomètres. Le nom de la marque et du modèle évoquent des notions fascisantes d’ordre animal ou militaire.

En s'octroyant la jouissance de ce petit coin de voirie qui ne lui est pas destiné, il privatise l’espace public. Par sa présence, il empêche de manière flagrante et splendide toute circulation à pieds, en vélo, à cheval, en poussette, en fauteuil roulant. Sauf à se faufiler en se frottant un peu au passage. Sauf à se faufiler en frottant un peu contre la carrosserie la pointe métallique de mon levier de frein. Je souris, regarde à gauche, à droite, devant, derrière. Personne. La poignée laboure discrètement le bleu métallisé immaculé sur toute la longueur de l’absence de passage laissé par l’engin. Il a maintenant un peu plus de patine. On pourrait penser qu'il a traversé une gorge si étroite en un pays lointain qu'il en a gardé des séquelles. Sa vocation de tout-terrain en est presque justifiée. Voilà une rectification fort pertinente. Je poursuis ma traversée. Je souris. J’éprouve la sensation idiote d’être un grand justicier. Je devrais avoir honte. Je me vois déjà écrivant «grosse bagnole, petite bite» à la pointe sèche sur un capot. C’est de la méchanceté gratuite. J’ai honte. J’adore.

lundi 21 mars 2005

Journée de la courtoisie au volant dans ta gueule connard

26 pédale, St Pâle, mineur
Ce matin, à une heure inhabituellement matinale pour Melfrid, Isabelle Monrozier, chroniqueuse de la radio publique française, dissertait sur la journée de la courtoisie au volant qui est annoncée pour ce jeudi 2 clinamen. Beau moment de radiophonie de café du commerce à la première personne où la courtoisie est devenue l'affaire de tous, sauf celle de la narratrice elle-même: hommes, cyclistes, piétons. Après tout, pourquoi une journée de la courtoisie au volant et pas une « journée de la courtoisie tout court » ou même de la « courtoisie au guidon »?
« On dit souvent que les cyclistes en ville ne se sentent pas en sécurité, eh bien figurez-vous, moi aussi, au volant de ma voiture je ne me sens pas en sécurité quand je roule en présence de cyclistes, et je me demande pourquoi, finalement, on ne leur fait pas passer un permis. Je croise tous les jours un cycliste qui ne respecte pas le feu rouge du grand carrefour de la Maison de la radio. Le code de la route stipule que les automobilistes doivent laisser une distance de sécurité lorsqu'ils dépassent un cycliste. Mais les cyclistes, eux, ont-ils un règlement quand ils se faufilent entre les voitures? »

C'est vrai, quoi, pourquoi édicte-t-on des règlements qui protègent indûment l'intégrité physique de ces petits cons suants alors qu'Isabelle Monrozier risque chaque jour la rayure sur la carrosserie rose de sa Golf quand les cyclistes remontent les files de bagnoles afin d'échapper à son pot d'échappement? C'est vrai, comment ces impudents osent-ils griller des feux rouges, faisant courir le risque à Isabelle Monrozier de fendre son pare-brise sous l'impact de leur corps inutile? Ne devraient-ils pas rester bien à leur place dans la file entre 4x4 et camions de livraison? Cyclistes, soyez courtois, Isabelle Monrozier ne se sent pas en sécurité.

lundi 14 mars 2005

Libération urbaine

20 pédale, Ste Cuisse, dame patronnesse
Heureusement, il est des lieux où la civilisation automobile est en voie de régression. Malheureusement, pour le moment, ce progrès sera le privilège des quartiers bien nantis.

mercredi 2 mars 2005

Anti-voitures

Grâce à l'indispensable Mediatic, je suis tombé sur un weblog fort bien tenu qui s'élève contre l'invasion permanente de la bagnole dans nos villes: antivoitures.

vendredi 3 septembre 2004

Lyon à l'avant-garde

23 phalle, St Lazare, gare

" Il est temps de comprendre combien est fou le désir d'aller vite quand on tourne en rond." Albert Jacquard, soutien de la campagne de Casseurs de pub pour la suppression du Grand Prix de France de formule 1.

Avertissement à toutes les âmes sensibles qui sont parfois de fidèles et très fortement estimées lectrices: Melfrid va à nouveau diriger tout le mauvais esprit dont il est capable sur un des deux sujets de société qui le mettent le plus de mauvaise humeur, en l'occurrence la question de l'automobile dans la ville.

Voici trois ans, les Lyonnais ont porté au pouvoir municipal le Parti socialiste et les écologistes dits "Verts" menés par M. Gérard Collomb. Les esprits les plus naïfs peuvent être amenés à supposer qu'une pareille coalition soit de nature à proposer quelques mesures donnant l'illusion que cette ville cherche à devenir plus humaine et à faire quelque chose contre le magnifique nuage violacé qui empourpre régulièrement la colline de Fourvière. Mais au moment où à Paris la même coalition installe des plages sur les voies rapides, Lyon organise ce dimanche "une grande fête populaire autour de la passion automobile" et ouvre les rues du centre-ville à des bagnoles qui rouleront à 200 kilomètres par heure.

Il ne fallait pas gratter beaucoup pour trouver derrière cette initiative d'avant-garde le constructeur automobile dont le monde entier nous envie le sens rétrograde et cynique de la communication, toujours stoïque dans la tempête de tous les discours sur l'éthique de l'entreprise, l'ancienne régie Penault. On peut imaginer le montant de la somme que la régie a pu verser pour envahir les rues de ce bruit lancinant caractéristique des Formule1 ou d'un régiment de scooters à kit ninja scié.

Mais sur son site internet, on sent la mairie un peu honteuse de cet argent mal gagné. Ainsi, tout en bas de la présentation des attractions vrombissantes, on peut lire:

Gendarmerie Nationale et Police.
Les politiques de lutte contre la vitesse excessive et contre l’alcool au volant seront mises en avant avec la présentation de leurs derniers équipements.

Doit-on comprendre que le panier à salade attendra les pilotes de F1 à l'arrivée pour une comparution immédiate pour vitesse excessive?

Le Grand Lyon.
Pour un espace public partagé, le Grand Lyon met en oeuvre une politique en faveur des déplacements doux : piétons, rollers, vélos. Il invitera le public à découvrir toutes les possibilités offertes.

Voilà ce qu'on appelle de la communication cohérente.

jeudi 10 juin 2004

Fournisseur officiel de valeurs petit-bourgeoises

24 merdre, Ste Purge, sage-femme

Parfois, il m'arrive d'oublier que la publicité n'est qu'un miroir caricatural d'une société petite-bourgeoise, machiste et égoïste. Hier, je passais avec mon vélo devant une affiche pour des appareils électroménagers. Une femme métis posait devant un four. La légende disait: "Truc, fournisseur officiel de madame quelquechose." Innocent, je me dis que pour une fois, une publicité ne montre pas une femme blanche depuis dix générations. Peut-être la société évolue-t-elle au point qu'un consommateur moyen peut suffisamment s'identifier à une figure qui ait quelque hâle sur le teint. À moins que l'on ne cherchât là à vendre des fours à la communauté antillaise, ce qui semblait peu probable.

Une autre affiche de la même collection m'a fait comprendre le message: cette femme est en fait une épouse de footballeur. Le message n'est donc pas que les métis ont le droit de faire cuire leurs gâteaux comme les autres, mais que les épouses des footballeurs restent bien sagement à faire la popotte pendant que monsieur va gagner l'argent du ménage à la sueur de ses pieds.

Rien de nouveau, donc.

Au milieu de toutes ces affiches poussant à la consommation et au sens des futilités dans des schémas plus qu'archaïques, un faible appel au civisme essaie de donner de la voix. Ces slogans désespérés nous affirmant timidement qu'un bulletin de vote peut être générateur de changement social paraissent presque incongrus au milieu d'insanités ridiculement conservatrices.

Et pendant ce temps, nous sommes à trois jours d'un scrutin européen.

jeudi 25 mars 2004

La vie de bohème aux Assedic

2 clinamen, Sts Hiboux, maîtres-chanteurs

Je l'ai rencontrée le temps d'une heure ou deux, en compagnie d'amis communs. Grande, un peu raide, le cheveu filasse, pleine de gentillesse, elle pouvait avoir quarante-cinq ans. Selon mon ami, malgré ses airs d'enseignante débonnaire, cette cadre supérieure de chez Banone est une excellente personne-ressource qui a un carnet d'adresses débordant dans plusieurs grands groupes français.

Au cours de la conversation que nous avons échangée, je lui ai expliqué que, parmi les fondamentaux de la vie, faire carrière n'était pas mon souci le plus pressant. Que je ne demandais pas davantage que gagner de quoi vivre en faisant un travail qui me plaît. Ces paroles qui sembleraient assez banales pour la plupart des gens que j'ai l'habitude de côtoyer ont visiblement suscité sa curiosité.

Quand nous sommes sortis du restaurant pour aller prendre un verre dans le quartier, elle me demanda ce que j'allais faire de mon vélo. Je lui répondis que je viendrais le récupérer à la fin de la soirée. Alors, elle me regarda de l'air amusé et admiratif avec lequel on pourrait observer un globe-trotteur excentrique:

"Vraiment, je crois que je ne pourrais jamais vivre comme ça."

Cette brève rencontre m'a laissé perplexe. Est-ce elle, ou bien moi, qui vit dans une bulle? Il existerait donc sur cette planète des gens pour qui moi et ma petite vie sans relief atteignent des sommets d'audace? Et précisément, ces gens pourraient se trouver parmi les meilleurs élèves de notre société libérale? Trois semaines plus tard, j'y pense encore.

mardi 4 novembre 2003

You say you want a velorution

2 as, Ste Rrose Sélavy, héroïne

Eprouvez-vous quelque nostalgie quant à l'époque récente où Melfrid parlait de vélo presque chaque jour? Si vous ne vous en lassiez pas, vous ferez, comme lui, du blog Velorution l'un de vos rituels qutidiens. En comparaison, vous ne direz plus que Melfrid est un obsédé de la pédale.

Le carnet anglophone précité n'a rien à voir avec le récent site francophone et parisien Vélorution (avec un accent), né dans la mouvance des manifestations qui se poursuivent et dont l'organisation s'améliore. Prochains rendez-vous vélorutionnaires parisiens: demain à 18h30, place du Châtelet; dimanche à 16h30, pont au Change.

L'ami Vincent, blogueur mensuel, qui ne passe pourtant pas pour un idéaliste d'extrême gauche, a lui aussi enfourché la Cause.

samedi 27 septembre 2003

Défilé triomphal

20 absolu, Ste Mélusine, souillarde de cuisine

Après sa déception de lundi soir, Melfrid ne voulait pas en rester là. Les anarchistes ayant échoué à rassembler une vaste frange contestataire, Melfrid s'est tourné vers le mainstream. Mercredi soir, c'était très officiellement que la mairie de Paris organisait une descente des Champs-elysées à vélo, jusqu'à l'hôtel de ville.

Pour s'assurer du succès de l'organisation, la municipalité s'était appuyée sur la Fédération française de cyclotourisme, sur les mairies d'arrondissement et sur les comités d'entreprise de plusieurs grands organismes publics. Vous pourrez avancer qu'avec un rassemblement aussi hétéroclite, il est un peu facile d'orchestrer une démonstration de force d'un hypothétique lobby cycliste. L'enthousiasme évident de tous les participants a balayé ce genre d'objection. Des facteurs pas dégoûtés des pédales par leur tournée quotidienne, des cyclo-touristes heureux de faire piaffer d'impatience les bagnolistes coincés...

Le défilé avait tout d'une grande fête, et presque quelque chose d'une masse critique par l'inversion du rapport de force entre bagnoles et vélos. Le nombre des participants était évalué à 4000 selon la police, 8 à 9000 selon la mairie, et bien plus selon Melfrid qui a filmé durant quatorze minutes le défilé ininterrompu, dense et rapide, du cortège. Jubilatoire, comme dirait Télérama. Voici quelques photographies.

La gauche au pouvoir municipal veut donc se montrer capable d'imposer des modes de déplacements moins infernaux. Malheureusement, ce n'est pas le cas du gouvernement qui vient de supprimer les subventions aux plans de déplacement urbains. Des dizaines de villes se retrouvent avec des chantiers en cours sans financement, comme les tramways de Montpellier, Grenoble, Clermont-Ferrand...

Les vélorutionnaires font une nouvelle tentative le mercredi premier octobre, place du Châtelet à 18h30. Le tract ne dit pas si la batucada sera invitée.

mardi 23 septembre 2003

Record du monde de brièveté (catégorie manifestation)

16 St Ibicrate le Géomètre, pataphysicien

Lors de cette "journée sans ma voiture", un petit groupe dont Melfrid se réclamait avait décidé de provoquer un "embouteillage cycliste". En fait d'embouteillage, l'événement va pouvoir entrer au livre des Records 2004 comme la manifestation la plus courte du monde: Châtelet-Hôtel-de-ville-Châtelet. Quatre cents mètres.

Annoncé longtemps à l'avance, l'"embouteillage" avait trouvé un certain écho dans la presse. On aurait pu s'attendre à ce que le temps d'un soir, une foule de vélos déchaînés empoisonne la vie des cafards à roulettes qui encombrent usuellement la rue. Mais à l'heure dite, place du Châtelet, le nombre de cyclistes présents faisait plutôt penser à un groupe d'amis rassemblés pour aller faire un pique-nique au bois de Vincennes, abstraction faite d'une batucada. Foutue batucada. Jadis, dans les fêtes de villages, qu'on le veuille ou non, on ne pouvait pas éviter que le mauvais musicien de service monte sur une table et se mette à enchaîner les canards sur son accordéon ou son harmonica. Aujourd'hui, dans ce pays, l'orchestre de percussions est devenu le compagnon incontournable de toute manifestation gauchiste qui veut se donner un air de fête.

Lundi, suivant le schéma de la sempiternelle manifestation, il a donc fallu suivre cette batucada. Seul problème, les percussionnistes n'ayant pas appris à jouer en pédalant, ce furent les cyclistes qui durent s'adapter à leur pas. La manifestation cycliste s'est donc faite à pieds. Un comble. Les CRS en rient encore sous casque. Et pourtant, notre cher Corps républicain avait été pris au dépourvu par cet attroupement sauvage. Les premiers effectifs déployés arrivaient à peine à contenir la cinquantaine de cyclistes à la naissance du boulevard de Sébastopol. S'ils s'étaient résolus à exploiter le potentiel de mobilité que leur offrait leurs vélos au lieu de rester solidaires de cette putain de batucada, les militants n'auraient eu que l'embarras du choix pour ridiculiser cette maigre présence policière: contourner le square pour passer derrière le dos du cordon bleu, redescendre mettre la pagaille sur le quai de la Seine... Mais non. La plupart des apprentis vélorutionnaires a préféré rester parquée dans l'attente que les renforts des légions sarkosystes ne les repoussent jusqu'à l'esplanade du Châtelet, jusqu'à dispersion complète. Et le leader de hurler dans son mégaphone: "C'est un premier succès!".

A pleurer.

Heureusement, il y avait le génial et très sympathique inventeur du tracte-rolleur électrique.

mercredi 17 septembre 2003

Rentre Avec Tes Pieds

11 absolu, ste Purée, sportswoman

Vous en avez peut-être marre que Melfrid s'obstine à vous parler de vélo alors que votre plaisir quotidien est de vous enterrer le plus longtemps possible dans des galeries carrelées pour humer les entrailles de la terre et les vapeurs corporelles d'autrui. Pour vous, Melfrid va pouvoir aborder partiellement sa seconde passion: la récup. Le Réseau pour l'abolition des transports payants (RATP) propose une méthode pour ne plus payer les transports parisiens sans mettre pour autant le doigt dans l'engrenage implacable de l'illégalité. Il suffit de faire les poubelles, et d'apprendre à lire. Sachant que les titres de transport de la Régie autonome des transports parisiens (RATP aussi) sont valables deux heures, un ticket abandonné peut encore vous servir. Vous le saurez en décryptant la trace de compostage comme indiqué sur le schéma ci-dessus, et dans la méthode décrite par le mouvement abolitionniste.

Hier, le RATP (le premier) tenait débat. Le thème annoncé, "mobilité et écologie", avait des accents illichiens, mais le débat ne s'est guère tenu à l'approche écologiste annoncée. Reste que ces militants développent des idées auxquelles il est urgent de prêter l'oreille. Les recettes liées aux ticket de métro sont à peu près équivalentes au coût de contrôle et de billeterie. La gratuité des transports serait donc facile à réaliser, du moins en Ile-de-France. Elle est au confluent d'enjeux sociaux (accéder au centre-ville depuis la banlieue), environnementaux (rationaliser chaque moyen de transport pour limiter les gaz à effet de serre) et civiques (responsabiliser chacun).

Les Parisiens auront bientôt l'occasion d'en entendre parler à nouveau. Ce soir, mercredi 17 septembre à 18h30, action contre la vidéosurveillance au métro Châtelet. Samedi 20 septembre à 14 heures, action "portes ouvertes" au même endroit. Le lendemain à 15 heures, action "trottoirs payants" place de la République pour inverser le raisonnement. Et lundi 22 septembre à 18h30, embouteillage cycliste place du Châtelet. Mais ça, Melfrid en a déjà parlé.

mardi 16 septembre 2003

Faites ce que je dis, mais ne mourez pas aussi bêtement que moi

9 absolu, descente du Saint-esprit (de vin)

L'ami Navire a eu la douleur de faire part à Melfrid du décès d'un autre internaute cycliste. Ken Kifer avait un site très documenté sur le vélo, avec des tonnes de conseils aux cyclistes urbains: de comment monter ou descendre une côte à comment gérer un conflit avec un automobiliste, en passant par comment dévoiler une roue...

Il y avait même une leçon, schémas à l'appui, qui devait vous aider à éviter les collisions avec les voitures. Malheureusement, toutes ces théories n'ont été d'aucune aide à Ken Kifer quand il s'est fait renverser par un chauffard ivre en état de récidive quatre heures après sa sortie de prison. Le doute n'est plus permis, Dieu est bel et bien mort.

samedi 13 septembre 2003

Le chômage créateur

6 absolu, Ste Vérola, assistante sociale

Exhibant impudemment un homme qui prend toute la place dans l'espace occupé par sa bagnole de huit places pendant que la foule urbaine se presse autour, la régie Penault persiste à nous interpeller en ces termes: "Et si le vrai luxe, c'était l'espace?"

Au sens de Penault, le luxe en question est celui qui est confisqué aux autres. Voilà une conception très moderne. A moins qu'il ne soit illustré par une bergerie en plein Aubrac, ce slogan est un slogan de riche.

Melfrid est tenté de répondre par un slogan de pauvre: et si le vrai luxe, c'était le temps?

Le vrai luxe, c'est que le temps ne soit point argent. Privilège du chômeur, se lever tard, prendre son café au balcon et aller faire son petit marché, voilà des actes qui sont plus importants, moins innocents qu'il n'y paraît. Le désœuvré, le parasite mûrit en lui-même une petite révolution qui change son rapport au temps. En réapprenant à cuisiner, il reprend possession de cette compétence qu'il avait déléguée aux marchands de soupe en boîtes, de légumes prêts en trois minutes et de dés de thon qui sont une idée maligne pour des salades futées. Il s'étonnera de voir tout ce qu'on peut faire avec ces ingrédients qu'on trouve sur les marchés ou dans la nature. Pourquoi travailler? Pour payer un système qui fait moins bien la cuisine à notre place?

Le vrai luxe, c'est le temps sans argent. Comme en littérature, c'est sous la contrainte que l'imagination se libère. Pas un euro à donner à Club Med ou à Jet Tours? La fonction crée l'organe, voilà que se développe la bosse de l'imagination. Partons en randonnée dans l'Aubrac, en auberge de jeunesse dans l'Atlas, à vélo en Normandie. Pourquoi travailler? Pour payer un système qui travaillera à organiser nos vacances moins bien à notre place?

Le vrai luxe, c'est de prendre son temps. Trois, quatre, cinq, dix petits kilomètres à vélo chaque jour tiennent le cardiologue éloigné, vous tiennent vous-même à distance respectable de toute salle de sport, et vous dispensent d'engraisser constructeurs automobiles, industrie pétrolière et compagnies d'assurance. Voilà bien des mauvaises fréquentations évitées, et une plus que triple économie réalisée. Pourquoi travailler? Pour payer des systèmes qui vous déplacent alors que vos jambes le font si bien? Pour payer des machines à faire des muscles quand vos muscles sont là pour vous servir? Pour payer des médecins qui vous sauveront peut-être cette fois de la tombe?

Le vrai luxe, c'est laisser le temps aux choses. Gravir une montagne. Cultiver son jardin. Lire une biographie très longue d'un type que tout le monde a oublié. Abandonner France infos pour France culture. Aller à la pêche. Ecouter le vent dans les feuilles. Changer son rapport au temps, et faire que ces minuscules plaisirs presque gratuits surpassent tous les bungee jumpings.

Et quel est l'imbécile qui a dit que toute peine méritait salaire? Malgré toutes les théories sur les ressources humaines, il existe des fous qui donnent leur précieux temps, et travaillent sans être payés pour rendre service, pour se faire plaisir, pour rencontrer d'autres gens, pour œuvrer dans le sens de leurs opinions... Et si le vrai luxe, c'était cesser d'opposer travail et loisirs?

Le 24 septembre (ou le 8 octobre, lui-même n'a pas l'air très fixé), Danger travail, de Pierre Carles, sort dans certaines salles de cinéma.

samedi 6 septembre 2003

Tût-tût, la masse critique est atteinte

27 phalle, *St Priape, franc-tireur

Pour vous qui vous plaigniez de la vacuité politique des rassemblements-éclairs en vogue pour quelques semaines avant que tout le monde ne s'en lasse, voici enfin une bonne idée pour rejoindre une foule à la fois intelligente, revendicatrice et inventive.

Alors que les anglo-saxons en sont depuis dix ans coutumiers, Paris va bientôt être le théâtre d'une manifestation qui, à la connaissance de Melfrid, est nouvelle ici: un embouteillage cycliste.

Les Britanniques ont déjà théorisé le principe. Habituellement, le vélo est minoritaire dans la rue, bousculé par une multitude de véhicules puants et dangereux. Mais quand un certain nombre de vélos se rassemblent dans une rue donnée, ils atteignent une masse critique ("critical mass") capable d'inverser le rapport de force avec les automobilistes.

Le 22 septembre et le 1er octobre à 18h30, à partir de la place du Châtelet, les cyclistes, rollers et piétons reprendront possession de la rue. Tally ho! L'espace d'un instant, cesseront l'intoxication de l'air et la privatisation de l'espace public par la bagnole. Soyez-y tous.

En attendant, chers lecteurs, vous pouvez vous-même propager la nouvelle sur les bicyclettes qui croisent votre chemin en téléchargeant ici le tract annonçant l'événement.

dimanche 24 août 2003

Jésus fait du vélo

15 phalle, Mort de Dionysos, surhomme

Il est des soirs où Melfrid se sent humble. Ses plus hauts faits d'armes qui furent décrits avec emphase la semaine dernière ne sont que pets de lapin en regard de ce que des militants remontés ont commis de l'autre côté de l'Atlantique. Navire et Sale bête s'en font l'écho.

La cible: plusieurs concessionnaires de sport utility vehicles, des bagnoles de l'enfer qui vont du gros 4x4 que l'on ne connaît ici que trop au monstre bâti sur des essieux de camion, le Hummer (notre photo), qu'on espère bien ne jamais connaître.

Le forfait: vandalisme, incendie, graffitis "Fat, lazy Americans" (ce sont eux qui le disent); "I love pollution" (ce qui rappelle quelque peu les autocollants bagnolophobes de Melfrid).

Les auteurs: un groupuscule ultra-radical style FLNC, nommé sans ironie (hormis celle du sort) Elf (pour earth liberation front).

Décidément, les sociétés anglo-saxonnes savent produire d'étranges mouvements contestataires pour contrecarrer leurs excès. Les Elf ont en effet trouvé des compagnons dans leur lutte anti-4x4 dans un mouvement évangéliste qui soulève un questionnement théologique inédit: "What would Jesus drive?" ("que conduirait Jésus?" — sous-entendu: s'il avait eu son permis). Vous imaginez Jésus conduisant un Hummer, vous? Peut-être y aurait-il trouvé quelque avantage pour aller prêcher sur la montagne ou se retirer au désert. Mais non. Jésus n'était pas un m'as-tu-vu. Tout au plus se serait-il payé une petite 4L pour aller voir son pote Lazare, ou pour faire les allers-retours Nazareth-Jérusalem. Et encore. Melfrid, lui, le voit plutôt sur un vélo.

mardi 22 juillet 2003

Du sadisme appliqué à la serrurerie

9 tatane, Sts Écrase-Merdre, sectateurs

Au cours de sa vie quotidienne, un être humain de sexe mâle est friand de toutes les menues occasions qui se présentent à lui de faire usage de sa force virile et d'exprimer quelque pulsion destructrice.

Aujourd'hui, Melfrid devait casser un antivol de vélo.

Vous pensiez sans doute déjà que décidément, bien des choses dans la vie de Melfrid passent par le vélo. Ces temps-ci, vous aurez de quoi conforter votre opinion. Mais si, comme bien des gens qui font sa connaissance, vous imaginiez Melfrid en pépère placide, vous allez voir tout à l'heure que vous avez eu tort.

L'histoire qui l'a mené à casser un antivol n'est pas une histoire de délinquance, mais plutôt un vaudeville. Voici deux ans, Bonne-maman avait une amie en instance de divorce. De rage, l'amie en question avait décidé de chiper le vélo de course de son mari avec son antivol et de le planquer chez Bonne-maman. Un an, un jour et encore bien des mois ayant passé, Bonne-maman a très justement considéré sienne la bicyclette, et, vu qu'elle appartient plutôt à la classe motorisée, l'a volontiers cédée à son gendre idéal.

Pour en arriver au vif du sujet, Melfrid s'est donc rendu chez Bonne-maman avec pince, scie à métaux, marteau, et cætera. Les tests montrent qu'un antivol de cette catégorie plutôt simple résiste moins de deux minutes à un voleur expérimenté. Melfrid, qui en est encore à faire ses classes, a fait durer le plaisir pendant une bonne demi-heure. Certes, eût-il été en possession d'une masse et d'une enclume, il aurait écrasé la serrure en un seul coup jouissif. Au lieu de ça, il a commencé par utiliser la scie à métaux pour avoir la tige à l'endroit où elle entre dans le trou où elle est enfermée. Mais cette manière de procéder à l'usure, si elle permet de se défouler par l'énergie qu'elle exige, est passablement lassante. Une autre stratégie allait apporter un plaisir conciliant la brutalité de la première et la vicieuse lenteur de la seconde. Le seul mot apte à résumer la méthode que Melfrid a employée est un régionalisme que seuls les Bourguignons de souche comprendront d'instinct: déniaper.

D'abord, faire sauter l'enveloppe plastique à coups de marteau et de scie à métaux. Brutalement, impudemment, la serrure est à nu. Ensuite, introduire un tournevis dans la fente de passage de la clé et lui asséner les premiers coups qui vont l'élargir sensiblement. Déjà jaillissent deux minuscules goupilles et leurs ressorts. Mais la serrure résiste. Il lui en faut davantage. Alors, à coups de pince et de tournevis plat, procéder au déniapage de l'enveloppe métallique du rotor, plus malléable que l'inox de la tige. C'est un travail de sape savoureux, sadique, qui désarme petit à petit le mécanisme. Morceau par morceau, le barillet se met au jour, les dernières goupilles sautent: ping, ding... Quel délice! Bientôt ne reste plus que le col, et un dernier pêne qui y retient la tige. La scie à métaux se chargera de lui donner le coup de grâce. Cri de joie. Les menus débris jonchent le sol. Le vélo est libre. C'est beau.

dimanche 29 juin 2003

Téléchargez votre kit vélorutionnaire

14 gidouille, St Colon, artilleur

Camarades de lutte, il est grand temps de passer à l'action. Luttons contre l'épidémie automobile dont nos villes sont victimes. Aujourd'hui, Melfrid vous offre un kit vélorutionnaire, avec mode d'emploi. Il s'agit de s'attaquer non pas aux racines du mal, mais à ses pires symptômes.

  1. Cliquez sur l'image ci-dessus.
  2. Imprimez la planche obtenue sur du papier autocollant en vente dans le commerce.
  3. Découpez grossièrement chaque autocollant. Plus la découpe est grossière, plus votre autocollant aura l'air vélorutionnaire. C'est d'ailleurs la raison de l'esthétique approximative de la conception (les plus geeks d'entre vous auront reconnu la police Webdings regular).
  4. Prenez avec vous quelques autocollants à chacune de vos sorties à vélo.
  5. Empruntez un équipement cyclable, ou même un trottoir (autorisé par la loi - article R431-9 du code de la route).
  6. Repérez toute auto qui fera obstruction à votre progression, et qui déborde impudemment les 90% de la chaussée qui lui sont déjà dévolus. C'est-à-dire qu'elle est garée sur un trottoir, un passage piéton, une piste cyclable, une intersection... Ce qui statistiquement a toutes les chances de vous arriver au moins une fois sur tout trajet supérieur à cinquante mètres.
  7. Par précaution, vérifiez que le cafard à roulettes est inoccupé, et observez dans toutes les directions si son propriétaire n'est pas dans le secteur. Un bon vélorutionnaire n'est pas très courageux, on dira qu'il est non-violent. En revanche, les bagnolistes eux ne le sont pas, persuadés qu'ils sont d'être les meilleurs pilotes du monde.
  8. D'un geste rapide et précis, séparez les deux couches de l'autocollant. Mieux vaut avoir prévu cette étape un peu auparavant, surtout si vous avez les ongles rongés par l'angoisse de votre méfait.
  9. Appliquez l'autocollant sur la lunette arrière de la bagnole.
  10. Fuyez en riant sous cape.

Bien sûr, ce geste vélorutionnaire ne suffira pas à donner des remords au chauffard. Il fera naître en lui une haine féroce envers les cyclistes. Par là même, il cessera d'une certaine façon de les ignorer, et un grand pas en avant aura été franchi. Les grandes luttes de la vélorution pourront commencer.

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mardi 24 juin 2003

Camarade, achète l'organe de la vélorution

10 gidouille, St Boudin, recteur

Tous les camarades cyclistes l'attendaient. Il vient de sortir en kiosques! Parisiens, haro sur un magazine d'avant-garde!

Paris vélo deviendra d'ici peu l'organe essentiel de la vélorution. En attendant, il vous apprend à réparer un pneu crevé. Eh oui, camarade, la vélorution est dans les petits détails. Lénine ne disait pas autre chose.

Il vous emmène en balade cycliste à Belleville et à Berlin, vous propose d'y emmener votre bébé.

Il fait le point sur la lenteur des différentes municipalités bourgeoises réactionnaires ou social-démocrates-traîtres-à-la-cause de Paris à bâtir les pistes cyclables qui sont pourtant le terreau de l'homme nouveau, l'homme à vélo. Réformisme, vieille crevure (de chambre à air)!

Il ne vous en coûtera que deux euros, le prix d'un aller-retour en métro que ton fidèle vélo te fait économiser. La sueur du cycliste est précieuse.

jeudi 12 juin 2003

Sachez reconnaître vos ennemis

26 merdre, Ste Barbaque, naïade

Contrairement à ce qui a pu être dit ici ou là, non, le piéton n'est pas le pire ennemi du cycliste. Loin de là.

Afin de couper court à toute spéculation oiseuse, Melfrid a décidé d'apporter sa contribution à la science vélocipédique en proposant à l'usage des chercheurs et étudiants de tous niveaux une nomenclature fiable de la hiérarchie des ennemis du cycliste. Vous trouverez donc ci-dessous, classés par ordre croissant de nuisance, les entités mobiles dont il convient de se méfier.

— Le piéton: lent et vulnérable, le piéton doit être respecté du cycliste. Il n'a que ses pieds pour se mouvoir. Cependant, restez vigilant: le piéton peut surgir sur la piste cyclable sans crier gare. Au bénéfice du doute, nous mettrons cela sur le compte de l'inattention. Mais ce peut être aussi par pure perfidie: n'oublions jamais que tout piéton est un automobiliste en puissance. Comportement à adopter: se méfier.

— Le scooter: bruyant, polluant, rapide... Pas de méprise possible, malgré une apparente parenté du fait de sa configuration bicyclique, le scooter est à ranger au nombre des ennemis jurés du vélo. Il s'insinue dans les couloirs d'autobus, grille la politesse aux feux, entre en concurrence sur les parkings assimilés "deux-roues"... Comportement à adopter: affirmer sa différence.

— La moto: même observation que ci-dessus. On pourrait être tenté de fraterniser avec ce qui usurpe le terme de "cycle". C'est une erreur. Comportement à adopter: détournez le regard.

— L'automobile: par "automobile", nous désignerons un engin à quatre roues et à habitacle sans signe ostentatoire particulier. L'automobile s'approprie et privatise les neuf dixièmes de la chaussée, et l'automobiliste estime que ce n'est pas assez. C'est pourquoi il s'estime en droit d'annexer aussi trottoirs et pistes cyclables. L'automobile a pour l'automobiliste valeur sacrée. Le moindre effleurement est un blasphème passible des pires tortures. L'automobiliste, déjà dangereux par nature, devient hystérique si on touche à sa p'tite bagnole, ou si on en parle d'une manière qui pourra lui sembler déplaisante. Le danger est partout. Comportement à adopter: rester sur ses gardes et mordre en cas d'agression.

— Le camion de livraison: gros, toujours mal garé, et souvent approché par un piéton les bras chargés, traversant la piste cyclable sans rien voir devant lui. Quelques circonstances atténuantes, mais encore un danger redoutable. Comportement à adopter: à contourner largement.

— Le taxi: comme l'automobile, reconnaissable à une petite lumière qui lui confère l'impunité quand il emprunte les couloirs de bus. Ignore encore plus que d'autres la disposition du code de la route qui oblige à laisser un mètre lors du dépassement d'un cycliste. Davantage porté encore sur les excès de vitesse quand le feu passe à l'orange s'il ne transporte pas d'être humain sur sa banquette arrière. Utilise à l'envi son avertisseur sonore, assorti fréquemment des mots "connard" et "blaireau". Comportement à adopter: gueuler plus fort que lui.

— La New Beetle ou la New Mini: généralement conduite par une New connasse de vingt ans et immatriculée sur la commune de Versailles. Se croit irrésistiblement belle et par conséquent excusable de ses délits de mauvais goût et de de dépassement par la droite. Comportement à adopter: détourner le regard.

— La BMW rouge décapotable: généralement conduite par un jeune dealer qui affiche ainsi une forme de réussite sociale et qui se trompe de révolte en jouant les anarchistes du code de la route. Comportement à adopter: afficher une pitié de bon ton.

— La Renault espace: ainsi dénommée car conduite par un homme seul qui utilise environ dix fois plus d'espace sur la chaussée que de raison. Une autre façon de s'affirmer. Comportement à adopter: pas de pitié dans ce cas, le mépris s'impose.

— Le 4x4: le superprédateur de toute jungle urbaine. N'a jamais connu la boue. Plus grand, plus haut, plus fort que tous. Plus con que tout. La bêtise humaine en cinémascope. N'ayant aucune place assez grande pour se garer, utilise tous les espaces possibles: passages piétons, places pour handicapés, trottoirs, pistes cyclables... Rien ne peut l'atteindre en raison de son gabarit et de ses moyens phynanciers pour payer les éventuelles contraventions. Comportement à adopter: attaquer sauvagement avec tout objet contondant à disposition.