La vie romancée dudit Melfrid
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dimanche 7 février 2010
Par Melfrid le dimanche 7 février 2010, 22:51
Le métro serait bien triste s’il n’était quelques passants qui ont du temps à perdre à des actes gratuits.


lundi 1 juin 2009
Par Melfrid le lundi 1 juin 2009, 23:57
13
merdre, Sainte Lunette, solitaire
1. La nourriture et l'art de la partager. Le moindre estiatorio de village sert du poisson frais, de vraies frites et des salades baignées dans une huile d'olive bénie des dieux. A table, les Grecs mettent en commun une multitude de hors-d'œuvre et de grillades. Il est autorisé de piquer dans les plats. Les assiettes sont à toute la compagnie.
2. La musique et l'art de la vivre. Au cours d'un panegiri (fête de village) ou dans les rebetadiki (clubs de musique des années vingt), tous dansent, boivent, se battent, rient et pleurent ensemble. Rire et pleurer: c'est ce qu'on appelle la fête grecque. On peut aussi écouter des musiques actuelles inspirées, poétiques, tragiques et joyeuses, créées par de vrais compositeurs et incarnées par de grands interprètes.
3. Le rythme de vie. Siga, siga. Qu'est-ce qui compte, au final? Savourer chaque seconde, et être en bonne compagnie!
4. Les reliefs dramatiques. L'île d'Ikaria: 7km de large, culmine à 1000m. La péninsule du mont Athos, large de 6km, monte à 2000m.
5. Les eaux turquoise, les criques perdues jonchées de vieilles barques.
6. La mystique et l'esthétique d'une religion qui sature les cinq sens: chants, encens, icônes et reliefs cherchent à vous faire toucher le divin. Cul-béni ou athée, on est difficilement imperméable.
7. L'histoire ancienne, byzantine et contemporaine, inspirée et tragique.
8. La langue, ses racines profondes, son rythme, ses formules aimables qui viennent du cœur: Xairete, Sto kalo...
9. Le soleil, quand il se couche au printemps sur Santorin.
10. Le sens du petit commerce et de la transmission familiale. La Grèce ne connaît presque pas les hypermarchés.
Par Melfrid le lundi 1 juin 2009, 22:31
13 merdre, Sainte Lunette, solitaire
1. Le poids de la famille élargie. Va faire ton PHD à Oxford, mon fils, mais surtout, reviens pour reprendre le kiosque à cigarettes de ton père
ou Ma fille, ta belle-mère et ta grand-mère vont emménager chez toi pour t'aider à éduquer tes enfants
.
2. L'esprit quérulent, procédurier et mesquin de certaines personnes en Grèce, envers ceux avec qui elles ont un conflit d'intérêts.
3. La pesanteur morale de la religion et son immixtion dans les affaires publiques. On a frôlé la sortie de l'Union européenne quand, sous la pression de celle-ci, l'Etat a retiré la mention de la religion orthodoxe sur les cartes d'identité.
4. Le nationalisme et la haine des frontaliers présents dans encore trop d'esprits: le Turc malfaisant, l'Albanais voleur, le Bulgare mangeur d'enfants, le Fyromien (ne dites pas "Macédonien") usurpateur...
5. Le soleil qui assomme Athènes en juillet.
6. La retsina, un vin où l'on a fait infuser des aiguilles de pin dans le seul but de vous donner mal à la tête le lendemain.
7. La plage de Litohoro, où il y a plus de détritus que de galets. Les décharges à ciel ouvert, dont certaines classées Seveso.
8. Le tourisme de masse qui gâche l'Acropole, Delphes ou Mykonos.
9. Les restaurants dits "grecs" de la rue de la Huchette à Paris.
10. Les chauffeurs de taxi d'Athènes et de Thessalonique.
jeudi 8 janvier 2009
Par Melfrid le jeudi 8 janvier 2009, 23:08
12 décervelage, Saint Landru, gynécologue
Moi, mon préféré, c'est le quatrième. Et vous?
dimanche 30 novembre 2008
Par Melfrid le dimanche 30 novembre 2008, 16:45
2 as, Saint Doublemain, Idéologue
Remarque de Madame : "
C'est très étrange : leur site est régulièrement coupé pour amélioration, mais rien ne s'améliore, loin de là."
Proposition à la SNCF : et si vous vous inspiriez de la
qualité germanique ?
jeudi 27 novembre 2008
Par Melfrid le jeudi 27 novembre 2008, 10:06
25 as, St Lewis Carroll, professeur
Du haut du second étage où j'habite, j'avais la tête dans le feuillage d'un verne du Japon.
A travers ma fenêtre, je ne voyais à la belle saison que son feuillage vert tendre. Il m'apportait la fraîcheur de son ombrage en été. Parfois, alangui dans un transat sur mon étroit balcon, je lisais en écoutant les merles qui batifolaient sur ses branches. Il m'isolait du regard indiscret du voisin d'en face. Il était mon îlot de verdure. A deux cent mètres du périphérique parisien et à cinq cents mètres de l'autoroute A4, il était ma bouffée d'oxygène.
Certes, ce n'était pas une essence noble. En octobre, il saturait la cour et mon balcon de son feuillage en décomposition. En juin, ses millions de fleurs microscopiques dégageaient une forte odeur de viande séchée et, en tombant, tapissaient à nouveau le sol d'une neige douteuse en putréfaction. Pourtant, tout cela n'était que mineurs inconvénients.
Ce matin, j'ai été réveillé par l'un des bruits les plus désagréables qui soient, celui d'une tronçonneuse. En hâte, je m'habille et sors. Parmi les branches où se posent habituellement les pigeons, un homme casqué, sanglé, ganté. Je l'interroge.
"O lou coupe", roucoule-t-il.
Je descends en flèche les escaliers pour aller questionner ma propriétaire. Oui, c'est bien elle qui a décrété la peine capitale. Quel crime était reproché à notre pauvre aulne? Il a poussé.
A l'heure qu'il est, mon verne du Japon a subi le sort des milliers de platanes qui ombragent les anciennes routes royales, pour la simple raison qu'ils sont là et qu'ils poussent. Y a-t-il des accidents de la route? Des voitures emboutissent des platanes? Rasez les platanes. La pollution urbaine sensibilise les allergiques au pollen? Blâmez les tilleuls. Il faut construire une route, un supermarché? Coupez les chênes qui sont là et qui gênent.
Pour nous, citadins, l'arbre est notre oxygène. Il est une ombre rassurante à nos côtés, au quotidien, au fil des ans. Il enracine notre histoire. On ne l'aperçoit qu'à peine, mais c'est grâce à lui qu'on respire. Puis un jour, alors qu'il est là chez lui, on se dit qu'il nous barre la route, qu'il contrecarre nos projets d'avenir; alors on le coupe.
On ne construit pas un avenir en déracinant le passé.
Bande d'aveugles, laissez les arbres en paix, ils ne vous ont rien fait.
vendredi 21 novembre 2008
Par Melfrid le vendredi 21 novembre 2008, 11:05
17 as, Saint Pangloss, humoriste passif
Le lecteur régulier du blog Melfrid aura compris que j'éprouve assez peu de sympathie pour l'industrie de la publicité, et fort peu d'amour pour l'industrie du "fast food", quoi que, dans ma vie quotidienne, il me soit plus facile de faire abstraction du second que de la première.
Difficile en effet de faire actuellement abstraction, pour qui vit en ville et en France, de la campagne de la chaîne Mac Donald's montrant des visages de gens souriants, assortis du message "Venez comme vous êtes". En soi, ces affiches n'ont rien de désagréable, et ces visages souriants sont même plutôt sympathiques.
C'est ce qu'il me semblait, jusqu'à entendre un cadre de cette chaîne expliquer l'argumentaire qui sous-tend cette campagne.
Les codes sociaux qui régissent l'alimentation, disait-il en substance, sont très rigides dans notre pays. La chaîne en question souhaite mettre en valeur le fait que ces codes n'ont pas cours dans les lieux qu'elle gère.
Il était sous-entendu que les codes en question étaient la bienséance, les heures fixes, le fait d'utiliser des couverts - peut-être également le fait de réprimer les bruits corporels, de manger de manière équilibrée, et, de préférence, de partager son repas avec sa famille et ses amis... Bref, Mac Donald's nous signifie que chez lui, le repas n'est plus un moment privilégié de vie en société.
Ce message publicitaire, qui se veut pourtant humaniste, remet en question ce qui donne à la nourriture son sens hautement symbolique: le partage, la saveur du produit comme lien aux autres... Des trucs de la vieille Europe, sans doute.
vendredi 19 septembre 2008
Par Melfrid le vendredi 19 septembre 2008, 23:59
11 absolu, Sainte Purée, sportswoman
Si vous connaissez Melfrid ou si vous suivez son blogue depuis longtemps, il ne vous a pas échappé que depuis cinq ans, il a fait des efforts considérables afin de pourfendre ses propres préjugés, espérant ardemment que les faits ne l'en découragent pas.
Rendons-lui justice: il est un peu moins buté qu'avant.
La preuve: il est même prêt à admettre qu'il y a à droite comme à gauche des personnalités politiques sensées, douées de valeurs fortes et de convictions profondes. Il peut convenir aujourd'hui que l'UMP n'est pas qu'un ramassis d'arrivistes et de bourgeois réactionnaires, mais que dans ce parti, il existe aussi des personnes qui comprennent le monde dans lequel nous vivons et innovent afin de le rendre meilleur pour tous.
Enfin, il en existe une.
Nathalie Kosciusko-Morizet milite inlassablement pour débuter modestement ce qui doit devenir l'une des mutations majeures de ce début de siècle: la fiscalité écologique, c'est-à-dire l'idée selon laquelle notre économie peut commencer à intégrer dans le calcul de la valeur les externalités négatives ou positives d'une activité humaine.
Aujourd'hui, les députés de droite, Jean-François Copé en tête, nous ont apporté la preuve que l'UMP était toujours bien constituée de bourgeois réactionnaires, opposés par principe à tout ce qui pourrait ressembler à une taxe. D'accord pour sauver le monde de la catastrophe écologique, mais pas au risque d'effrayer «la mère de famille de trente ans» qui serait fort marrie de payer un centime de plus sur ses couches-culottes jetables.
Du courage politique, où ça?
mardi 12 août 2008
Par Melfrid le mardi 12 août 2008, 11:08
2 phalle, Sainte Ruth, zélatrice
jeudi 7 août 2008
Par Melfrid le jeudi 7 août 2008, 23:38
27 tatane, Saint Pistolet à Merdre, jubilaire
Monsieur le président de l'ordre des experts comptables en a assez qu'on dise que les gens de sa profession sont des esprits étriqués et conformistes. Il a donc mis son bureau à l'envers, suspendu les chaises au mur, et a décidé de lancer une campagne de publicité destinée à pourfendre tous les clichés.
samedi 19 juillet 2008
Par Melfrid le samedi 19 juillet 2008, 16:50
7 tatane, Saint Biribi, taulier
Melfrid a toujours eu des lectures éclectiques. Ainsi a-t-il eu l'occasion de feuilleter le dernier numéro du Bulletin de l'association générale de prévoyance militaire, la caisse qui alimente la longue retraite de nos vaillants soldats.
On y apprend qu'à l'instar de toutes les organisations et entreprises de France, la grande Muette a réalisé qu'elle devait, elle aussi avoir des actions en faveur de l'environnement.
Ce sont, en revanche, les agents de l'Etranger qui viennent polluer nos belles côtes bretonnes:
Disclaimer: il est bien sûr sous-entendu que la politique de l'armée envers le développement durable n'est valable qu'en temps de paix.
jeudi 17 juillet 2008
Par Melfrid le jeudi 17 juillet 2008, 00:47
6 tatane, Saints Robot et Cornard, citoyens
Qu'auriez-vous fait à ma place?
Nous étions rue des Ecoles, au sortir de la projection du film
Leningrad Cowboys meet Moses. Le deuxième volet d'une histoire abracadabrante, à l'humour noir savamment calculé, où le plus mauvais groupe de rock du monde, bananes longues comme le bras et chaussures à l'avenant, parti chercher le succès aux Etats-Unis, «pays où la pire merde se vend», est ramené à son pays, la Sibérie, par un Moïse peu crédible. Cette uvre déjantée est le produit du cerveau d'un de mes cinéastes préférés, Aki Kaurismäki.
A la sortie, je m'étais même offert l'intégrale en DVD. Il se trouvait alors que le film était projeté dans le cadre d'une rétrospective du cinéaste, et que justement Kaurismäki était là, face à nous, assis seul à la terrasse du Balzar, le regard baissé sur son verre de blanc à la manière des grands timides.
Que feriez-vous si vous aviez l'intégrale d'un de vos cinéastes favoris à la main et qu'il était en face de vous, désuvré? Ne me dites pas qu'à tout le moins, l'idée ne vous traverserait pas l'esprit: au risque de vous ridiculiser et de ne rien lui dire d'intéressant, vous l'abordez et vous lui faites signer.
Je me suis en effet ridiculisé, et je n'ai rien dit d'intéressant. Lui, probablement aussi embarrassé que moi, a eu une de ces saillies glaciales qui apparemment lui servent de moyen d'expression:
« - Merci d'avoir gâché votre soirée à venir voir mes films »
Si vous avez raté sa rétrospective début juillet,
vous pouvez en voir quelques moments ici, notamment ceci:
« - J'aime les animaux, je me fiche un peu des gens.
- Il y a pourtant beaucoup d'humains dans vos films.
- Après de nombreuses recherches, je me suis rendu compte que les films marchent mieux avec des humains. Je ne sais pas si Walt Disney serait d'accord... »
Il y a aussi le secret de sa direction d'acteurs:
- « Vous ne devez rien bouger sauf votre sourcil droit »
Notez aussi la manière dont il a abordé André Wilms, l'un de ses acteurs récurrents (vous le connaissez: M. Le Quesnoy dans
La vie est un long fleuve tranquille)
- « Vous avez un grand nez. C'est bien. Vous pouvez fumer sous la douche. »
Trève d'anecdotes. Kaurismäki, sous ses airs loufoques, est placé par la critique dans la lignée de Bresson, Godard, Antonioni, mais en version tragi-comique. Courez voir ses films.
jeudi 19 juin 2008
Par Melfrid le jeudi 19 juin 2008, 21:38
4 gidouille, Sainte Tripe, républicaine
Il n'est pas dans mes habitudes d'agresser verbalement les inconnus, mais, en ce samedi où je déjeunais dans un lieu public, une borne avait été franchie.
« Il y en a marre de cet enfer prohibitif. »
Je me retournai. À ma gauche, il y avait un homme, la trentaine mal rasée, peut-être de gauche, en tout cas visiblement porteur de quelque révolte désorientée qu'on cherche à diriger vers un objet qu'on juge injuste, superflu ou oppressant : les banquiers, les Juifs, les Arabes, les communistes, le gouvernement, les Américains, les patrons, les pollueurs...
En l'occurrence, il parlait des lois anti-tabac.
Personnellement, en tant que non-fumeur, il me semble respirer bien mieux depuis que cette loi est en vigueur. Pour autant, auparavant, je n'avais pas trop l'impression que mes sorties du samedi soir étaient gâchées par la fumée.
Non, ce qui me gênait dans son propos, c'était son emploi des termes « enfer » et « prohibition ». Alors j'entrepris de lui faire la morale. L'enfer, c'est la souffrance, l'enfermement, la torture, la maladie, la faim
L'enfer, c'est n'avoir rien à donner à ses enfants affamés. L'enfer prohibitif, c'est probablement les dictatures turkmène ou birmane, la condition des Palestiniens ; l'interdiction de s'exprimer, de se mouvoir. Pas celle de fumer dans les lieux publics.
On peut faire de la révolte un état d'esprit, un principe de vie. Cependant, là, dirigée ainsi, elle ne dégageait rien d'autre qu'un égoïsme franchouillard. Des mots puissants appliqués à de petits tracas quotidiens d'occidental bien nourri s'atténuent et se détachent de leur sens. Si l'enfer, c'est perdre sa famille dans une inondation au Bengladesh, et que c'est aussi le fait de devoir sortir pour se griller sa clope ; alors l'enfer, ce n'est pas si grave.
C'est ainsi que les pires situations deviennent acceptables.
lundi 9 juin 2008
Par Melfrid le lundi 9 juin 2008, 21:28
24 merdre, Sainte Purge, sage-femme
J'ai animé le week-end dernier un atelier d'écriture à Brest dans le cadre du
festival Ici et ailleurs.
Pour les amateurs de paléographie et pour tous ceux qui s'intéressent à ce que peut produire un travail de groupe composé de personnes écrivant une histoire pour la première fois ou presque, j'ai consigné les contributions de tous
à cette adresse.
vendredi 30 mai 2008
Par Melfrid le vendredi 30 mai 2008, 01:12
21 merdre, Sainte Pyrotechnie, illuminée
Ce que j'aime dans les blogs,
c'est qu'on s'y fait des amis.
samedi 17 mai 2008
Par Melfrid le samedi 17 mai 2008, 18:11
27 palotin, Saint Foin, coryphée
Ce samedi après-midi, j'ai déjeuné seul.
Comme toujours dans ce genre de configuration, bien que n'étant pas en compagnie, pas question de me laisser abattre. Boudin de canard aux pommes de terre nouvelles rissolées, tomme fermière de Corrèze, petit pain d'épices à l'abricot accompagné d'un thé noir.
Comme toujours dans ce genre de configuration, j'accompagne mon repas de quelques lectures à picorer: les chroniques du Gault & Millau 2008, Politis (journal d'opinion capable du meilleur comme du pire).
Ce n'est qu'à la fin de mon assiette que je commence à me sentir mal (cf illustration):
jeudi 8 mai 2008
Par Melfrid le jeudi 8 mai 2008, 18:15
20 palotin, Saint Ti Belot, séide
Les entreprises sont comme des enfants. Elles obéissent à de profonds affects. Elles cherchent à s'approprier tout marché, y compris le marché "vert" ou "responsable", comme un bébé chercherait la possession exclusive de l'amour maternel.
D'où des réflexes primaires, quand surviennent les tendances de consommation plus responsables, comme ceux des fabricants de bagnoles qui cherchent à nous vendre des 4x4 comme des produits écologiques.
Heureusement, les entreprises sont comme les enfants: on peut les éduquer pour les rendre plus responsables; et l'éducation passe parfois par la punition.
C'est pour cette raison que la la Fédération nationale des associations des usagers des transports
vient de porter plainte contre le constructeur automobile Saab pour "publicité mensongère".
samedi 19 avril 2008
Par Melfrid le samedi 19 avril 2008, 15:59
27 clinamen, Saint Hure de Chasteté, pénitente
mercredi 9 avril 2008
Par Melfrid le mercredi 9 avril 2008, 23:42
19 clinamen, Saint Barbeau, procureur et Sainte Morue , juste
Voici quelques années, un peu avant l'avènement du puissant ipod, on voyait sur
ce film publicitaire une jeune femme gigoter stupidement au son d'une musique fade, puis, la musique s'arrêtant, la blonde hésitait à jeter ses piles à la poubelle.
Se raisonnait-elle, se souvenant qu'une pile contient des métaux lourds qui allaient empoisonner les eaux ou l'air de sa région?
Non, elle se rappelait simplement que la raison de sa panne ne pouvait provenir que de son lecteur CD. Celui-là, également gorgé de métaux lourds, pouvait bien passer à la poubelle, la petite salope en avait tout un stock dans son placard.
Quand les piles auront des jambes, elles iront toutes seules à leur centre de recyclage.
Pendant ce temps, on m'apprend que les OGM sont autorisés en France, mais, qu'on se rassure, "les parcs naturels "peuvent" exclure la culture d'OGM, "avec l'accord unanime des exploitants agricoles concernés". Mais qu'est-ce que ça veut dire? Que dans un cas dérogatoire du droit commun exigé par la protection des sites, on peut exceptionnellement interdire aux agriculteurs de faire ce qu'ils sont d'accord pour ne pas faire? L'UMP vient d'inventer la première loi non-coercitive.
Au concours de lâcheté, ils sont nombreux sur la ligne de départ.
vendredi 28 mars 2008
Par Melfrid le vendredi 28 mars 2008, 23:55
6 clinamen, Saint Ganymède, professionnel
C'était un soir comme un autre. Ma petite chaloupe m'avait concocté un petit repas italien: carpaccio, risotto, tiramisu. Nous avions dégusté un chablis premier cru, et finissions par une mirabelle, en évoquant divers sujets d'actualité: Fourniret, Verdun, l'horreur pas si loin de nous, la Mort, le sens de la Vie...
Finalement, nous convenions qu'il était bien difficile de donner un sens à sa vie. Aider les autres, rendre la société un peu plus juste, infléchir le cours de l'Histoire... Voilà qui pouvait paraître un projet de vie sensé. Mais au final, tout cela allait-il faire la moindre différence ? Etions-nous encore fondés à penser qu'il nous serait donné de laisser la moindre trace dix, vingt ou cent ans après notre mort ?
Sans illusions sur ce point, fallait-il se raccrocher aux illusions vendues par les religions et autres sectes, vie éternelle, réincarnation ?
Non, il fallait rester modestes. La seule trace que nous pouvions raisonnablement laisser sur cette terre serait la fertilisation qu'y apportera la décomposition de nos corps. De là renaîtront d'autres êtres, et, très humblement, nous participerons au grand cycle de la vie.
Mais dès aujourd'hui, avant que survienne l'heure fatale de notre mort, nous pouvons déjà cultiver la renaissance perpétuelle des essences vitales.
Nous pouvons aller chier dans les bois.
Nous reprîmes alors espoir et avalâmes une nouvelle rasade de mirabelle.
dimanche 16 décembre 2007
Par Melfrid le dimanche 16 décembre 2007, 22:35
14 sable, Don Quichotte, champion du monde
Quand L'Ecclésiaste est perplexe,
Yahoo résoud la question.
Il n'y a pas de problème, il n'y a que des solutions. C'est beau comme du Sarkozy.
mardi 11 décembre 2007
Par Melfrid le mardi 11 décembre 2007, 00:00
9 sable, Saint Sagouin, homme d'Etat
lundi 3 décembre 2007
Par Melfrid le lundi 3 décembre 2007, 23:24
3 sable, Saint Phlegmon, doctrinaire
Alors que le monde se réunit à Bali pour négocier des tonnes de carbone, les glaciers fondent, les rivières risquent de s'assécher, les mers de monter... On a tous l'impression de connaître le scénario-catastrophe, mais il se trouve qu'il est de plus en plus probable qu'il soit réellement catastrophique.
Melfrid a donc décidé de passer à la vitesse supérieure et de décréter son petit Kyoto personnel:
- Baisse du chauffe-eau de 80°C à 50°C, ce qui aura pour conséquence de cesser de m'ébouillanter chaque fois que je veux faire la vaisselle.
- Installation d'ampoules à basse consommation d'énergie, même si elles me donnent une impression de pénombre chez moi.
- Refus de l'avion pour mes petites vacances personnelles, et
compensation carbone en cas de nécessité.
- Utilisation systématique du vélocipède pour tous mes déplacements urbains.
- Extinction systématique des appareils inutilisés à l'aide de prises multiples à interrupteur.
- Consommation d'un maximum de produits frais locaux et de saison.
- Diminution, à regret, de ma consommation de viande.
- Lobbying actif auprès de mes petits collègues afin d'appliquer ces mesures au bureau.
Des idées pour allonger cette liste ?
mardi 6 novembre 2007
Par Melfrid le mardi 6 novembre 2007, 23:09
4 as, Saint Cravan, boxeur
Il y a 446 billets dans le blogue Melfrid (447 avec celui-ci qui ne sert à rien).
Parfois, je me dis qu'il faudrait que j'y remette de l'ordre: créer un habillage moins laid que celui-ci, mettre à jour le CMS, mieux classer en rubriques, poster davantage, être plus original, cultiver des liens avec d'autres...
D'autres fois, je me dis plutôt que je devrais décoller le nez de mon écran.
jeudi 1 novembre 2007
Par Melfrid le jeudi 1 novembre 2007, 01:23
26 haha, Commémoration du Cure-dent
En cette belle fête de Toussaint, le prospectus
20 Minutes fête les monstres.
lundi 15 octobre 2007
Par Melfrid le lundi 15 octobre 2007, 12:16
10 haha, Saint Panmuphle, huissier
Au fond de leurs hospices, les barbouzes grabataires écrasent une larme.
Dans les bras de leurs aides ménagères, les soudards incontinents sont en deuil.
L'incarnation de l'aventure exotique crapuleuse n'est plus.
Alzheimer a réussi là où le palu, la fièvre jaune, les crocodiles, les sagaies au curare, les mines, les balles de mitrailleuses lourdes et les sharpnels ont échoué.
Bob Denard est mort.
mardi 2 octobre 2007
Par Melfrid le mardi 2 octobre 2007, 00:06
24 absolu, Saints Rakirs et Rastrons, porte-côtelettes
J'ai photographié un mandala.
Un mandala est représenté par les bouddhistes tibétains en une fresque éphémère de sable destinée à figurer, entre autres, l'impermanence de toute chose terrestre. Le religieux qui la dessine y passe des heures, des jours, puis la détruit d'un doigt.
Deuxièmement, ce monde et tout ce qu'il contient est transitoire
Tout particulièrement la vie des êtres est aussi fragile qu'une bulle
L'instant de notre mort est imprévisible et, lorsqu'elle survient, nous ne sommes plus qu'un cadavre
Puisque c'est le dharma qui nous est bénéfique, alors pratiquons-le avec ardeur.
("Deuxième méditation").
Pendant que le Vénérable devait se répéter mentalement ces mots, nous autres de la meute des Parisiens qui l'entouraient sortions notre téléphone mobile avec caméra 2 Mpixels pour fixer l'oeuvre dans l'infinie vacuité des supports numériques accumulés.
Les cons.
vendredi 28 septembre 2007
Par Melfrid le vendredi 28 septembre 2007, 11:13
20 absolu, Sainte Mélusine, souillarde de cuisine
On connaissait les faux chalets pour faire nicher les oiseaux,
voici les faux halls d'immeuble, avec de fausses boîtes à lettres, pour nicher les jeunes gens qui tiennent les murs.
lundi 17 septembre 2007
Par Melfrid le lundi 17 septembre 2007, 22:08
11 absolu, Sainte Purée, sportswoman
Juste un petit conseil :
ne vous fiez jamais aux outils de traduction en ligne.
lundi 3 septembre 2007
Par Melfrid le lundi 3 septembre 2007, 23:05
23 phalle, saint Lazare, gare
Ayant suivi
le premier, puis
le deuxième épisode, vous avez été nombreux à souhaiter connaître le dénouement de notre grand
reality-show historique, romantique, épistolaire, cartophile, fragmentaire et irrégulier.
Vous vous souvenez sans doute du jeune Emile, survivant de la Grande guerre qui, voici quatre-vingt dix ans
n'avait pas eu la chance de s'en retourner conter fleurette aux jeunes filles de son pays, et avait dû se raccrocher à une dérisoire correspondance de guerre.
Son cas vous semblait bien mal parti?
Eh bien détrompez-vous, car si j'en crois cette carte, les petits cadres "
souvenirs de Wiesbaden" n'ont pas laissé la jeune fille impassible. De quoi oublier les saletés qu'on attrape dans les casernes...