Melfrid s'en va-t'en guerre

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La vie romancée dudit Melfrid

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mercredi 25 mai 2011

Les technologies d'aide à la conduite se révoltent (caricature)

Il fait très chaud en ce mois de mai, et c’est plaisir que de pénétrer dans la salle climatisée de l’Automobile Club, dont l’élégante entrée donne sur la place de la Concorde, la plus belle bretelle d’autoroute de France. Derrière les épais voilages des fenêtres à la française de ces salons feutrés, on aperçoit, dans la perspective des Champs Élysées, au bout du long serpent métallique immobile de la circulation, l’Arc de Triomphe nimbé d’un superbe halo à l’intense gris purpurin.

Bref, le lieu est idoine pour célébrer la déesse Bagnole, aujourd’hui profanée par ceux qu’on croyait être ses meilleurs défenseurs.

Aujourd’hui, l’heure est grave : le gouvernement, qui avait pourtant été jusqu’à maintenant de tous les combats pour sauver l’Industrie Automobile Française, veut retirer les panneaux qui avertissent les automobilistes de la présence des infâmes radars, ces atroces machines de mort du permis à points qui aliènent les libertés fondamentales de l’automobiliste.

Oui, aujourd’hui, l’heure est grave, et tous les journalistes qui comptent sur la place de Paris sont réunis pour la conférence de presse de l’Association française des fournisseurs et utilisateurs de technologies d’aide à la conduite (AFFTAC), bienfaitrice des automobilistes, c’est-à-dire de tous les Français qui travaillent et se lèvent tôt.

Mais je vois que le président de l’AFFTAC monte à la tribune, et s’apprête à prendre la parole.

Nous représentons des millions de conducteurs responsables qui font une route plus sûre en respectant les limites de vitesse quand ils voient un panneau d’avertissement de radars. Monsieur le ministre, si vous les supprimez, ils ne ralentiront plus, ne pourront donc plus respecter la limite, ce qui inévitablement générera de graves accidents que vous aurez sur la conscience !

Dans la salle, des murmures d’approbation, des hochements de tête ponctuent le raisonnement. Certains, imperméables au bon sens de la droite populaire, se grattent la tête et demandent des explications à leur voisin.

Cependant, les technologies d’aide à la conduite, fines fleurs de la hi-tech à la française, doivent se diversifier face aux attaques des gauchistes politiquement corrects qui sévissent même dans notre joli gouvernement. Nous vous présentons donc nos dernières innovations.

Tout d’abord, voici le klaxon à synthèse vocale et à commande au volant qui évite à l’automobiliste de baisser sa vitre pour insulter son semblable. Ainsi, vous gardez les deux mains sur le volant, ce qui améliore votre sécurité.

Ensuite, voici un panneau lumineux défilant sur lequel vous pouvez afficher toutes sortes de messages lorsque vous garez votre véhicule sur une place pour handicapés, une piste cyclable ou un trottoir. Comme le clignotant ou l’avertisseur, il permet à l’automobiliste de mieux communiquer avec son entourage, et donc d’améliorer la sécurité de tous. Comme vous pouvez le voir, les messages sont variés : j’en ai pour 5 minutes, j’achète des cigarettes, ou l’amusant je prends ta place, mais ton handicap, tu te le gardes

Enfin, voici notre nouvelle gamme de confiseries au charbon actif qui masquent les vapeurs d’alcool de l’air expiré. Résultats garantis pour tous les éthylotests. Nos bonbons remplacent votre haleine d’alcoolique par votre parfum favori. Que vous soyez essence ou diesel, nous avons le goût qui vous plaît. Ainsi, vous pouvez profiter de ce moment convivial qu’est l’apéritif, et diminuer votre stress au volant, ce qui améliore la sécurité de tous !

Soudain, dans l’assistance, des hommes se lèvent, applaudissent à tout rompre. Ils sont trois, ils sont quinze, ils sont quarante ! Ils crient À l’Élysée ! Un formidable espoir se lève ! 2012, nous voici !


dimanche 7 février 2010

Bénissez cette carte graphique...

Le métro serait bien triste s’il n’était quelques passants qui ont du temps à perdre à des actes gratuits.

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samedi 2 janvier 2010

Renault et les carabiniers d'Offenbach


Nous sommes les carabiniers 
La sécurité des foyers 
Mais par un malheureux hasard 
Au secours des particuliers 
Nous arrivons toujours trop tard. 

Le livret de l’opéra-bouffe Les brigands d’Offenbach pourrait servir de bande-son à la nouvelle campagne publicitaire de Renault dont les spots viennent de sortir à la télévision.

Au moment du Grenelle de l’environnement, Renault sortait son premier 4x4 “Koleos”. Il y avait longtemps que Toyota vendait des “Prius” hybrides. La voiture électrique, elle, existe de manière anecdotique depuis une vingtaine d’années, et ni Renault ni aucun autre constructeur n’avait cherché à le vendre à grande échelle, le confinant à quelques flottes de collectivités ou d’entreprises. 

Plus que les rapports successifs du Giec, c’est donc une crise économique qu’il a fallu pour qu’enfin Renault repense sa stratégie et nous promette des véhicules électriques pour 2011. 

On pourra se réjouir de ce revirement tardif dans la stratégie et de ce nouvel inventaire de valeurs d’entreprise. Il y a certes un net progrès dans le façonnage de la représentation inconsciente de l’automobile, par rapport à la vision conquérante et phallique années 80, ou même à celle du repli égoïste sur la cellule familiale des années 90. 

Cependant, si la voiture électrique est une partie de la solution à la question de la pollution urbaine, elle ne fait que déplacer vers les centrales électriques le problème posé par les émissions d’oxyde de carbone. Sauf, bien sûr, en France, où l’on a choisi de rejeter des déchets nucléaires plutôt que des gaz à effet de serre.

lundi 1 juin 2009

Dix bonnes raisons d'adorer la Grèce

13 merdre, Sainte Lunette, solitaire

1. La nourriture et l'art de la partager.
Le moindre estiatorio de village sert du poisson frais, de vraies frites et des salades baignées dans une huile d'olive bénie des dieux. A table, les Grecs mettent en commun une multitude de hors-d'œuvre et de grillades. Il est autorisé de piquer dans les plats. Les assiettes sont à toute la compagnie.

2. La musique et l'art de la vivre. Au cours d'un panegiri (fête de village) ou dans les rebetadiki (clubs de musique des années vingt), tous dansent, boivent, se battent, rient et pleurent ensemble. Rire et pleurer: c'est ce qu'on appelle la fête grecque. On peut aussi écouter des musiques actuelles inspirées, poétiques, tragiques et joyeuses, créées par de vrais compositeurs et incarnées par de grands interprètes.

3. Le rythme de vie. Siga, siga. Qu'est-ce qui compte, au final? Savourer chaque seconde, et être en bonne compagnie!

4. Les reliefs dramatiques.
L'île d'Ikaria: 7km de large, culmine à 1000m. La péninsule du mont Athos, large de 6km, monte à 2000m.

5. Les eaux turquoise, les criques perdues jonchées de vieilles barques.

6. La mystique et l'esthétique d'une religion qui sature les cinq sens: chants, encens, icônes et reliefs cherchent à vous faire toucher le divin. Cul-béni ou athée, on est difficilement imperméable.

7. L'histoire ancienne, byzantine et contemporaine, inspirée et tragique.

8. La langue, ses racines profondes, son rythme, ses formules aimables qui viennent du cœur: Xairete, Sto kalo...

9. Le soleil, quand il se couche au printemps sur Santorin.

10. Le sens du petit commerce et de la transmission familiale. La Grèce ne connaît presque pas les hypermarchés.

Dix bonnes raisons de haïr la Grèce

13 merdre, Sainte Lunette, solitaire

1. Le poids de la famille élargie. Va faire ton PHD à Oxford, mon fils, mais surtout, reviens pour reprendre le kiosque à cigarettes de ton père ou Ma fille, ta belle-mère et ta grand-mère vont emménager chez toi pour t'aider à éduquer tes enfants.

2. L'esprit quérulent, procédurier et mesquin de certaines personnes en Grèce, envers ceux avec qui elles ont un conflit d'intérêts.

3. La pesanteur morale de la religion et son immixtion dans les affaires publiques. On a frôlé la sortie de l'Union européenne quand, sous la pression de celle-ci, l'Etat a retiré la mention de la religion orthodoxe sur les cartes d'identité.

4. Le nationalisme et la haine des frontaliers présents dans encore trop d'esprits: le Turc malfaisant, l'Albanais voleur, le Bulgare mangeur d'enfants, le Fyromien (ne dites pas "Macédonien") usurpateur...

5. Le soleil qui assomme Athènes en juillet.

6. La retsina, un vin où l'on a fait infuser des aiguilles de pin dans le seul but de vous donner mal à la tête le lendemain.

7. La plage de Litohoro, où il y a plus de détritus que de galets. Les décharges à ciel ouvert, dont certaines classées Seveso.

8. Le tourisme de masse qui gâche l'Acropole, Delphes ou Mykonos.

9. Les restaurants dits "grecs" de la rue de la Huchette à Paris.

10. Les chauffeurs de taxi d'Athènes et de Thessalonique.


jeudi 8 janvier 2009

2009 dans le panier à salade

12 décervelage, Saint Landru, gynécologue

Moi, mon préféré, c'est le quatrième. Et vous?



dimanche 30 novembre 2008

Cent fois sur le métier vous remettrez l'ouvrage

2 as, Saint Doublemain, Idéologue



Remarque de Madame : "C'est très étrange : leur site est régulièrement coupé pour amélioration, mais rien ne s'améliore, loin de là."

Proposition à la SNCF : et si vous vous inspiriez de la qualité germanique ?

jeudi 27 novembre 2008

Elégie à un verne du Japon (ceci n'est pas une contrepèterie)

25 as, St Lewis Carroll, professeur

Du haut du second étage où j'habite, j'avais la tête dans le feuillage d'un verne du Japon.

A travers ma fenêtre, je ne voyais à la belle saison que son feuillage vert tendre. Il m'apportait la fraîcheur de son ombrage en été. Parfois, alangui dans un transat sur mon étroit balcon, je lisais en écoutant les merles qui batifolaient sur ses branches. Il m'isolait du regard indiscret du voisin d'en face. Il était mon îlot de verdure. A deux cent mètres du périphérique parisien et à cinq cents mètres de l'autoroute A4, il était ma bouffée d'oxygène.

Certes, ce n'était pas une essence noble. En octobre, il saturait la cour et mon balcon de son feuillage en décomposition. En juin, ses millions de fleurs microscopiques dégageaient une forte odeur de viande séchée et, en tombant, tapissaient à nouveau le sol d'une neige douteuse en putréfaction. Pourtant, tout cela n'était que mineurs inconvénients.

Ce matin, j'ai été réveillé par l'un des bruits les plus désagréables qui soient, celui d'une tronçonneuse. En hâte, je m'habille et sors. Parmi les branches où se posent habituellement les pigeons, un homme casqué, sanglé, ganté. Je l'interroge.

"O lou coupe", roucoule-t-il.

Je descends en flèche les escaliers pour aller questionner ma propriétaire. Oui, c'est bien elle qui a décrété la peine capitale. Quel crime était reproché à notre pauvre aulne? Il a poussé.

A l'heure qu'il est, mon verne du Japon a subi le sort des milliers de platanes qui ombragent les anciennes routes royales, pour la simple raison qu'ils sont là et qu'ils poussent. Y a-t-il des accidents de la route? Des voitures emboutissent des platanes? Rasez les platanes. La pollution urbaine sensibilise les allergiques au pollen? Blâmez les tilleuls. Il faut construire une route, un supermarché? Coupez les chênes qui sont là et qui gênent.

Pour nous, citadins, l'arbre est notre oxygène. Il est une ombre rassurante à nos côtés, au quotidien, au fil des ans. Il enracine notre histoire. On ne l'aperçoit qu'à peine, mais c'est grâce à lui qu'on respire. Puis un jour, alors qu'il est là chez lui, on se dit qu'il nous barre la route, qu'il contrecarre nos projets d'avenir; alors on le coupe.

On ne construit pas un avenir en déracinant le passé.

Bande d'aveugles, laissez les arbres en paix, ils ne vous ont rien fait.

vendredi 19 septembre 2008

Souple d'esprit

11 absolu, Sainte Purée, sportswoman

Si vous connaissez Melfrid ou si vous suivez son blogue depuis longtemps, il ne vous a pas échappé que depuis cinq ans, il a fait des efforts considérables afin de pourfendre ses propres préjugés, espérant ardemment que les faits ne l'en découragent pas.

Rendons-lui justice: il est un peu moins buté qu'avant.

La preuve: il est même prêt à admettre qu'il y a à droite comme à gauche des personnalités politiques sensées, douées de valeurs fortes et de convictions profondes. Il peut convenir aujourd'hui que l'UMP n'est pas qu'un ramassis d'arrivistes et de bourgeois réactionnaires, mais que dans ce parti, il existe aussi des personnes qui comprennent le monde dans lequel nous vivons et innovent afin de le rendre meilleur pour tous.

Enfin, il en existe une.

Nathalie Kosciusko-Morizet milite inlassablement pour débuter modestement ce qui doit devenir l'une des mutations majeures de ce début de siècle: la fiscalité écologique, c'est-à-dire l'idée selon laquelle notre économie peut commencer à intégrer dans le calcul de la valeur les externalités négatives ou positives d'une activité humaine.

Aujourd'hui, les députés de droite, Jean-François Copé en tête, nous ont apporté la preuve que l'UMP était toujours bien constituée de bourgeois réactionnaires, opposés par principe à tout ce qui pourrait ressembler à une taxe. D'accord pour sauver le monde de la catastrophe écologique, mais pas au risque d'effrayer «la mère de famille de trente ans» qui serait fort marrie de payer un centime de plus sur ses couches-culottes jetables.

Du courage politique, où ça?

mardi 12 août 2008

Les douze apôtres et les cinq courtisanes

2 phalle, Sainte Ruth, zélatrice



jeudi 7 août 2008

Anti-conformisme

27 tatane, Saint Pistolet à Merdre, jubilaire

Monsieur le président de l'ordre des experts comptables en a assez qu'on dise que les gens de sa profession sont des esprits étriqués et conformistes. Il a donc mis son bureau à l'envers, suspendu les chaises au mur, et a décidé de lancer une campagne de publicité destinée à pourfendre tous les clichés.



samedi 19 juillet 2008

La fleur au fusil

7 tatane, Saint Biribi, taulier

Melfrid a toujours eu des lectures éclectiques. Ainsi a-t-il eu l'occasion de feuilleter le dernier numéro du Bulletin de l'association générale de prévoyance militaire, la caisse qui alimente la longue retraite de nos vaillants soldats.



On y apprend qu'à l'instar de toutes les organisations et entreprises de France, la grande Muette a réalisé qu'elle devait, elle aussi avoir des actions en faveur de l'environnement.

Ce sont, en revanche, les agents de l'Etranger qui viennent polluer nos belles côtes bretonnes:



Disclaimer: il est bien sûr sous-entendu que la politique de l'armée envers le développement durable n'est valable qu'en temps de paix.

jeudi 17 juillet 2008

Bouger son sourcil droit

6 tatane, Saints Robot et Cornard, citoyens

Qu'auriez-vous fait à ma place?

Nous étions rue des Ecoles, au sortir de la projection du film Leningrad Cowboys meet Moses. Le deuxième volet d'une histoire abracadabrante, à l'humour noir savamment calculé, où le plus mauvais groupe de rock du monde, bananes longues comme le bras et chaussures à l'avenant, parti chercher le succès aux Etats-Unis, «pays où la pire merde se vend», est ramené à son pays, la Sibérie, par un Moïse peu crédible. Cette œuvre déjantée est le produit du cerveau d'un de mes cinéastes préférés, Aki Kaurismäki.

A la sortie, je m'étais même offert l'intégrale en DVD. Il se trouvait alors que le film était projeté dans le cadre d'une rétrospective du cinéaste, et que justement Kaurismäki était là, face à nous, assis seul à la terrasse du Balzar, le regard baissé sur son verre de blanc à la manière des grands timides.

Que feriez-vous si vous aviez l'intégrale d'un de vos cinéastes favoris à la main et qu'il était en face de vous, désœuvré? Ne me dites pas qu'à tout le moins, l'idée ne vous traverserait pas l'esprit: au risque de vous ridiculiser et de ne rien lui dire d'intéressant, vous l'abordez et vous lui faites signer.

Je me suis en effet ridiculisé, et je n'ai rien dit d'intéressant. Lui, probablement aussi embarrassé que moi, a eu une de ces saillies glaciales qui apparemment lui servent de moyen d'expression:

« - Merci d'avoir gâché votre soirée à venir voir mes films »

Si vous avez raté sa rétrospective début juillet, vous pouvez en voir quelques moments ici, notamment ceci:

« - J'aime les animaux, je me fiche un peu des gens.
- Il y a pourtant beaucoup d'humains dans vos films.
- Après de nombreuses recherches, je me suis rendu compte que les films marchent mieux avec des humains. Je ne sais pas si Walt Disney serait d'accord... »


Il y a aussi le secret de sa direction d'acteurs:

- « Vous ne devez rien bouger sauf votre sourcil droit »

Notez aussi la manière dont il a abordé André Wilms, l'un de ses acteurs récurrents (vous le connaissez: M. Le Quesnoy dans La vie est un long fleuve tranquille)

- « Vous avez un grand nez. C'est bien. Vous pouvez fumer sous la douche. »

Trève d'anecdotes. Kaurismäki, sous ses airs loufoques, est placé par la critique dans la lignée de Bresson, Godard, Antonioni, mais en version tragi-comique. Courez voir ses films.

jeudi 19 juin 2008

Enfer prohibitif

4 gidouille, Sainte Tripe, républicaine

Il n'est pas dans mes habitudes d'agresser verbalement les inconnus, mais, en ce samedi où je déjeunais dans un lieu public, une borne avait été franchie.

« Il y en a marre de cet enfer prohibitif. »

Je me retournai. À ma gauche, il y avait un homme, la trentaine mal rasée, peut-être de gauche, en tout cas visiblement porteur de quelque révolte désorientée qu'on cherche à diriger vers un objet qu'on juge injuste, superflu ou oppressant : les banquiers, les Juifs, les Arabes, les communistes, le gouvernement, les Américains, les patrons, les pollueurs...

En l'occurrence, il parlait des lois anti-tabac.

Personnellement, en tant que non-fumeur, il me semble respirer bien mieux depuis que cette loi est en vigueur. Pour autant, auparavant, je n'avais pas trop l'impression que mes sorties du samedi soir étaient gâchées par la fumée.

Non, ce qui me gênait dans son propos, c'était son emploi des termes « enfer » et « prohibition ». Alors j'entrepris de lui faire la morale. L'enfer, c'est la souffrance, l'enfermement, la torture, la maladie, la faim… L'enfer, c'est n'avoir rien à donner à ses enfants affamés. L'enfer prohibitif, c'est probablement les dictatures turkmène ou birmane, la condition des Palestiniens ; l'interdiction de s'exprimer, de se mouvoir. Pas celle de fumer dans les lieux publics.

On peut faire de la révolte un état d'esprit, un principe de vie. Cependant, là, dirigée ainsi, elle ne dégageait rien d'autre qu'un égoïsme franchouillard. Des mots puissants appliqués à de petits tracas quotidiens d'occidental bien nourri s'atténuent et se détachent de leur sens. Si l'enfer, c'est perdre sa famille dans une inondation au Bengladesh, et que c'est aussi le fait de devoir sortir pour se griller sa clope ; alors l'enfer, ce n'est pas si grave.

C'est ainsi que les pires situations deviennent acceptables.

lundi 9 juin 2008

Jeux d'écriture entre amis

24 merdre, Sainte Purge, sage-femme

J'ai animé le week-end dernier un atelier d'écriture à Brest dans le cadre du festival Ici et ailleurs.

Pour les amateurs de paléographie et pour tous ceux qui s'intéressent à ce que peut produire un travail de groupe composé de personnes écrivant une histoire pour la première fois ou presque, j'ai consigné les contributions de tous à cette adresse.

vendredi 30 mai 2008

Vous avez un ami dans l'immobilier

21 merdre, Sainte Pyrotechnie, illuminée

Ce que j'aime dans les blogs, c'est qu'on s'y fait des amis.

samedi 17 mai 2008

Ironie du sort

27 palotin, Saint Foin, coryphée

Ce samedi après-midi, j'ai déjeuné seul.

Comme toujours dans ce genre de configuration, bien que n'étant pas en compagnie, pas question de me laisser abattre. Boudin de canard aux pommes de terre nouvelles rissolées, tomme fermière de Corrèze, petit pain d'épices à l'abricot accompagné d'un thé noir.

Comme toujours dans ce genre de configuration, j'accompagne mon repas de quelques lectures à picorer: les chroniques du Gault & Millau 2008, Politis (journal d'opinion capable du meilleur comme du pire).

Ce n'est qu'à la fin de mon assiette que je commence à me sentir mal (cf illustration):



jeudi 8 mai 2008

Eduquons les entreprises

20 palotin, Saint Ti Belot, séide

Les entreprises sont comme des enfants. Elles obéissent à de profonds affects. Elles cherchent à s'approprier tout marché, y compris le marché "vert" ou "responsable", comme un bébé chercherait la possession exclusive de l'amour maternel.

D'où des réflexes primaires, quand surviennent les tendances de consommation plus responsables, comme ceux des fabricants de bagnoles qui cherchent à nous vendre des 4x4 comme des produits écologiques.

Heureusement, les entreprises sont comme les enfants: on peut les éduquer pour les rendre plus responsables; et l'éducation passe parfois par la punition.

C'est pour cette raison que la la Fédération nationale des associations des usagers des transports vient de porter plainte contre le constructeur automobile Saab pour "publicité mensongère".

samedi 19 avril 2008

Encore de la pub pour la bonne cause

27 clinamen, Saint Hure de Chasteté, pénitente

mercredi 9 avril 2008

Plein l'accu

19 clinamen, Saint Barbeau, procureur et Sainte Morue , juste

Voici quelques années, un peu avant l'avènement du puissant ipod, on voyait sur ce film publicitaire une jeune femme gigoter stupidement au son d'une musique fade, puis, la musique s'arrêtant, la blonde hésitait à jeter ses piles à la poubelle.

Se raisonnait-elle, se souvenant qu'une pile contient des métaux lourds qui allaient empoisonner les eaux ou l'air de sa région?

Non, elle se rappelait simplement que la raison de sa panne ne pouvait provenir que de son lecteur CD. Celui-là, également gorgé de métaux lourds, pouvait bien passer à la poubelle, la petite salope en avait tout un stock dans son placard.

Quand les piles auront des jambes, elles iront toutes seules à leur centre de recyclage.

Pendant ce temps, on m'apprend que les OGM sont autorisés en France, mais, qu'on se rassure, "les parcs naturels "peuvent" exclure la culture d'OGM, "avec l'accord unanime des exploitants agricoles concernés". Mais qu'est-ce que ça veut dire? Que dans un cas dérogatoire du droit commun exigé par la protection des sites, on peut exceptionnellement interdire aux agriculteurs de faire ce qu'ils sont d'accord pour ne pas faire? L'UMP vient d'inventer la première loi non-coercitive.

Au concours de lâcheté, ils sont nombreux sur la ligne de départ.

vendredi 28 mars 2008

Maintenant ou à l'heure de notre mort

6 clinamen, Saint Ganymède, professionnel

C'était un soir comme un autre. Ma petite chaloupe m'avait concocté un petit repas italien: carpaccio, risotto, tiramisu. Nous avions dégusté un chablis premier cru, et finissions par une mirabelle, en évoquant divers sujets d'actualité: Fourniret, Verdun, l'horreur pas si loin de nous, la Mort, le sens de la Vie...

Finalement, nous convenions qu'il était bien difficile de donner un sens à sa vie. Aider les autres, rendre la société un peu plus juste, infléchir le cours de l'Histoire... Voilà qui pouvait paraître un projet de vie sensé. Mais au final, tout cela allait-il faire la moindre différence ? Etions-nous encore fondés à penser qu'il nous serait donné de laisser la moindre trace dix, vingt ou cent ans après notre mort ?

Sans illusions sur ce point, fallait-il se raccrocher aux illusions vendues par les religions et autres sectes, vie éternelle, réincarnation ?

Non, il fallait rester modestes. La seule trace que nous pouvions raisonnablement laisser sur cette terre serait la fertilisation qu'y apportera la décomposition de nos corps. De là renaîtront d'autres êtres, et, très humblement, nous participerons au grand cycle de la vie.

Mais dès aujourd'hui, avant que survienne l'heure fatale de notre mort, nous pouvons déjà cultiver la renaissance perpétuelle des essences vitales.

Nous pouvons aller chier dans les bois.

Nous reprîmes alors espoir et avalâmes une nouvelle rasade de mirabelle.

dimanche 16 décembre 2007

Réponse à tout

14 sable, Don Quichotte, champion du monde

Quand L'Ecclésiaste est perplexe, Yahoo résoud la question.



Il n'y a pas de problème, il n'y a que des solutions. C'est beau comme du Sarkozy.

mardi 11 décembre 2007

Un peu de fraîcheur

9 sable, Saint Sagouin, homme d'Etat



lundi 3 décembre 2007

Mon Kyoto à moi

3 sable, Saint Phlegmon, doctrinaire

Alors que le monde se réunit à Bali pour négocier des tonnes de carbone, les glaciers fondent, les rivières risquent de s'assécher, les mers de monter... On a tous l'impression de connaître le scénario-catastrophe, mais il se trouve qu'il est de plus en plus probable qu'il soit réellement catastrophique.

Melfrid a donc décidé de passer à la vitesse supérieure et de décréter son petit Kyoto personnel:
- Baisse du chauffe-eau de 80°C à 50°C, ce qui aura pour conséquence de cesser de m'ébouillanter chaque fois que je veux faire la vaisselle.
- Installation d'ampoules à basse consommation d'énergie, même si elles me donnent une impression de pénombre chez moi.
- Refus de l'avion pour mes petites vacances personnelles, et compensation carbone en cas de nécessité.
- Utilisation systématique du vélocipède pour tous mes déplacements urbains.
- Extinction systématique des appareils inutilisés à l'aide de prises multiples à interrupteur.
- Consommation d'un maximum de produits frais locaux et de saison.
- Diminution, à regret, de ma consommation de viande.
- Lobbying actif auprès de mes petits collègues afin d'appliquer ces mesures au bureau.
Des idées pour allonger cette liste ?

mardi 6 novembre 2007

Crise d'existence

4 as, Saint Cravan, boxeur

Il y a 446 billets dans le blogue Melfrid (447 avec celui-ci qui ne sert à rien).

Parfois, je me dis qu'il faudrait que j'y remette de l'ordre: créer un habillage moins laid que celui-ci, mettre à jour le CMS, mieux classer en rubriques, poster davantage, être plus original, cultiver des liens avec d'autres...

D'autres fois, je me dis plutôt que je devrais décoller le nez de mon écran.

jeudi 1 novembre 2007

Tirés à quatre épingles

26 haha, Commémoration du Cure-dent

En cette belle fête de Toussaint, le prospectus 20 Minutes fête les monstres.

lundi 15 octobre 2007

Adieu l'artiste

10 haha, Saint Panmuphle, huissier

Au fond de leurs hospices, les barbouzes grabataires écrasent une larme.

Dans les bras de leurs aides ménagères, les soudards incontinents sont en deuil.

L'incarnation de l'aventure exotique crapuleuse n'est plus.

Alzheimer a réussi là où le palu, la fièvre jaune, les crocodiles, les sagaies au curare, les mines, les balles de mitrailleuses lourdes et les sharpnels ont échoué.

Bob Denard est mort.

mardi 2 octobre 2007

Profanation

24 absolu, Saints Rakirs et Rastrons, porte-côtelettes

J'ai photographié un mandala.



Un mandala est représenté par les bouddhistes tibétains en une fresque éphémère de sable destinée à figurer, entre autres, l'impermanence de toute chose terrestre. Le religieux qui la dessine y passe des heures, des jours, puis la détruit d'un doigt.

Deuxièmement, ce monde et tout ce qu'il contient est transitoire
Tout particulièrement la vie des êtres est aussi fragile qu'une bulle
L'instant de notre mort est imprévisible et, lorsqu'elle survient, nous ne sommes plus qu'un cadavre
Puisque c'est le dharma qui nous est bénéfique, alors pratiquons-le avec ardeur.

("Deuxième méditation").

Pendant que le Vénérable devait se répéter mentalement ces mots, nous autres de la meute des Parisiens qui l'entouraient sortions notre téléphone mobile avec caméra 2 Mpixels pour fixer l'oeuvre dans l'infinie vacuité des supports numériques accumulés.



Les cons.

vendredi 28 septembre 2007

Chroniques de l'absurde, énième épisode

20 absolu, Sainte Mélusine, souillarde de cuisine

On connaissait les faux chalets pour faire nicher les oiseaux, voici les faux halls d'immeuble, avec de fausses boîtes à lettres, pour nicher les jeunes gens qui tiennent les murs.

lundi 17 septembre 2007

Rencontres du troisième pis

11 absolu, Sainte Purée, sportswoman

Juste un petit conseil : ne vous fiez jamais aux outils de traduction en ligne.

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