Melfrid s'en va-t'en guerre

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jeudi 7 août 2008

Anti-conformisme

27 tatane, Saint Pistolet à Merdre, jubilaire

Monsieur le président de l'ordre des experts comptables en a assez qu'on dise que les gens de sa profession sont des esprits étriqués et conformistes. Il a donc mis son bureau à l'envers, suspendu les chaises au mur, et a décidé de lancer une campagne de publicité destinée à pourfendre tous les clichés.



dimanche 3 août 2008

Blanquette de veau à la vanille

21 tatane, Saints Catoblepas, lord et Anoblepas, amirals

C'est simple: vous faites une blanquette de veau, et quand vous avez préparé la sauce, vous la faites bouillir avec une gousse de vanille. Miam.

samedi 19 juillet 2008

La fleur au fusil

7 tatane, Saint Biribi, taulier

Melfrid a toujours eu des lectures éclectiques. Ainsi a-t-il eu l'occasion de feuilleter le dernier numéro du Bulletin de l'association générale de prévoyance militaire, la caisse qui alimente la longue retraite de nos vaillants soldats.



On y apprend qu'à l'instar de toutes les organisations et entreprises de France, la grande Muette a réalisé qu'elle devait, elle aussi avoir des actions en faveur de l'environnement.

Ce sont, en revanche, les agents de l'Etranger qui viennent polluer nos belles côtes bretonnes:



Disclaimer: il est bien sûr sous-entendu que la politique de l'armée envers le développement durable n'est valable qu'en temps de paix.

jeudi 17 juillet 2008

Bouger son sourcil droit

6 tatane, Saints Robot et Cornard, citoyens

Qu'auriez-vous fait à ma place?

Nous étions rue des Ecoles, au sortir de la projection du film Leningrad Cowboys meet Moses. Le deuxième volet d'une histoire abracadabrante, à l'humour noir savamment calculé, où le plus mauvais groupe de rock du monde, bananes longues comme le bras et chaussures à l'avenant, parti chercher le succès aux Etats-Unis, «pays où la pire merde se vend», est ramené à son pays, la Sibérie, par un Moïse peu crédible. Cette œuvre déjantée est le produit du cerveau d'un de mes cinéastes préférés, Aki Kaurismäki.

A la sortie, je m'étais même offert l'intégrale en DVD. Il se trouvait alors que le film était projeté dans le cadre d'une rétrospective du cinéaste, et que justement Kaurismäki était là, face à nous, assis seul à la terrasse du Balzar, le regard baissé sur son verre de blanc à la manière des grands timides.

Que feriez-vous si vous aviez l'intégrale d'un de vos cinéastes favoris à la main et qu'il était en face de vous, désœuvré? Ne me dites pas qu'à tout le moins, l'idée ne vous traverserait pas l'esprit: au risque de vous ridiculiser et de ne rien lui dire d'intéressant, vous l'abordez et vous lui faites signer.

Je me suis en effet ridiculisé, et je n'ai rien dit d'intéressant. Lui, probablement aussi embarrassé que moi, a eu une de ces saillies glaciales qui apparemment lui servent de moyen d'expression:

« - Merci d'avoir gâché votre soirée à venir voir mes films »

Si vous avez raté sa rétrospective début juillet, vous pouvez en voir quelques moments ici, notamment ceci:

« - J'aime les animaux, je me fiche un peu des gens.
- Il y a pourtant beaucoup d'humains dans vos films.
- Après de nombreuses recherches, je me suis rendu compte que les films marchent mieux avec des humains. Je ne sais pas si Walt Disney serait d'accord... »


Il y a aussi le secret de sa direction d'acteurs:

- « Vous ne devez rien bouger sauf votre sourcil droit »

Notez aussi la manière dont il a abordé André Wilms, l'un de ses acteurs récurrents (vous le connaissez: M. Le Quesnoy dans La vie est un long fleuve tranquille)

- « Vous avez un grand nez. C'est bien. Vous pouvez fumer sous la douche. »

Trève d'anecdotes. Kaurismäki, sous ses airs loufoques, est placé par la critique dans la lignée de Bresson, Godard, Antonioni, mais en version tragi-comique. Courez voir ses films.

mercredi 16 juillet 2008

Vert à l'extérieur...

5 tatane, Saint Arsouille, patricien

Les Verts ont décidé de décerner un prix aux champions de l'"écoblanchiement", c'est-à-dire les entreprises les plus enclines à se repeindre en vert dans leurs publicités sans mettre en place la moindre action concrète derrière (en anglais on appelle cela le "greenwashing").

C'est par là que ça se passe...

lundi 30 juin 2008

Higuma, cantine à nouilles

16 gidouille, Saint Inventaire, poète

Les Parisiens trop fauchés pour s'offrir un aller-retour pour le Japon savent que, pour moins de dix euros, ils peuvent en découvrir un aspect rue Sainte-Anne, à la cantine à nouilles Higuma. Rien à voir, je vous rassure, avec les débits de poisson dupliqués à tous les coins de rue par des gens qui voient une légitimité suffisante dans le fait d'être Asiatique pour devenir restaurateur japonais.

À Higuma, si vous ne trouvez pas le raffinement que vous pouvez attendre de ce pays, au moins pourrez-vous y contempler un spectacle que je suppose authentique. Vous pourrez vous attabler derrière un bar en formica exténué qui tient lieu de séparation entre la salle et la cuisine. Vous y serez comme à une loge d'honneur sur un fascinant ballet à flux tendu. En face : un plongeur pakistanais et trois cuistots japonais parmi lesquels une hiérarchie semble établie.

Le premier se contente d'apprêter et de desserrer des paquets de longues nouilles ; ou de puiser le bouillon des soupes au fond d'une immense marmite, presque une citerne.

Le deuxième immerge des raviolis au fond de plaques couvertes d'eau et chauffées à feu vif. Quand l'eau est évaporée, il en laisse griller une face, puis les décolle à la spatule. Il lave ensuite la plaque, et recommence inlassablement.

Le troisième est de loin celui qui a la plus lourde charge, celle portée par trois grands woks posés en permanence sur des foyers à travers des sortes de lunettes de WC qui permettent de reconstituer l'ordre terrestre : le feu dessous, l'eau autour.

Dans ces woks, le maître-nouilles lance, imperturbable, les différents ingrédients de plats dont il déchiffre simultanément les libellés sur les tickets empilés par les serveurs : nouilles, riz, porc, légumes, soja, calamar… À chaque volée de nouilles dans l'huile, des flammes monstrueuses s'élèvent une seconde, avant d'être prestement maîtrisées en un ou deux sauts de poêle. Un pas de rumba, deux gigotements de twist, une torsion de tango, et les plats, emmenés dans la danse, ont tôt fait d'être à point.

Le wok se vide et, sans qu'il quitte le feu, on le remplit d'eau et on le récure à la brosse métallique. Il est prêt pour la prochaine fournée.

jeudi 19 juin 2008

Enfer prohibitif

4 gidouille, Sainte Tripe, républicaine

Il n'est pas dans mes habitudes d'agresser verbalement les inconnus, mais, en ce samedi où je déjeunais dans un lieu public, une borne avait été franchie.

« Il y en a marre de cet enfer prohibitif. »

Je me retournai. À ma gauche, il y avait un homme, la trentaine mal rasée, peut-être de gauche, en tout cas visiblement porteur de quelque révolte désorientée qu'on cherche à diriger vers un objet qu'on juge injuste, superflu ou oppressant : les banquiers, les Juifs, les Arabes, les communistes, le gouvernement, les Américains, les patrons, les pollueurs...

En l'occurrence, il parlait des lois anti-tabac.

Personnellement, en tant que non-fumeur, il me semble respirer bien mieux depuis que cette loi est en vigueur. Pour autant, auparavant, je n'avais pas trop l'impression que mes sorties du samedi soir étaient gâchées par la fumée.

Non, ce qui me gênait dans son propos, c'était son emploi des termes « enfer » et « prohibition ». Alors j'entrepris de lui faire la morale. L'enfer, c'est la souffrance, l'enfermement, la torture, la maladie, la faim… L'enfer, c'est n'avoir rien à donner à ses enfants affamés. L'enfer prohibitif, c'est probablement les dictatures turkmène ou birmane, la condition des Palestiniens ; l'interdiction de s'exprimer, de se mouvoir. Pas celle de fumer dans les lieux publics.

On peut faire de la révolte un état d'esprit, un principe de vie. Cependant, là, dirigée ainsi, elle ne dégageait rien d'autre qu'un égoïsme franchouillard. Des mots puissants appliqués à de petits tracas quotidiens d'occidental bien nourri s'atténuent et se détachent de leur sens. Si l'enfer, c'est perdre sa famille dans une inondation au Bengladesh, et que c'est aussi le fait de devoir sortir pour se griller sa clope ; alors l'enfer, ce n'est pas si grave.

C'est ainsi que les pires situations deviennent acceptables.

dimanche 15 juin 2008

Bon goût Suédois

1 gidouille, Sainte Bouzine, esprit

Pour le Français féru des mets que produit son pays, un voyage en Suède implique d'accepter de manger du hareng sucré ou des boulettes de porc aux airelles. C'est un peu rude, mais il y a parfois du bon à y prendre.

Du côté de la nourriture de rue, en revanche, l'unique enseignement à tirer est que si les Français nourrissent un certain nombre de phantasmes envers les Suédois(es), l'inverse peut aussi être vrai:



Car le kiosque à hotdog est chose aussi courante à Stockholm que le kiosque à journaux l'est à Paris. On peut le déguster en toute sobriété, avec un simple trait de moutarde du meilleur goût:



... Ou bien exprimer sa créativité en l'agrémentant de toutes sortes de sauces:



En revanche, là, je m'interroge:



Se trouvera-t-il un lecteur en mesure de nous éclairer sur ce mystère?

lundi 9 juin 2008

Jeux d'écriture entre amis

24 merdre, Sainte Purge, sage-femme

J'ai animé le week-end dernier un atelier d'écriture à Brest dans le cadre du festival Ici et ailleurs.

Pour les amateurs de paléographie et pour tous ceux qui s'intéressent à ce que peut produire un travail de groupe composé de personnes écrivant une histoire pour la première fois ou presque, j'ai consigné les contributions de tous à cette adresse.

vendredi 30 mai 2008

Vous avez un ami dans l'immobilier

21 merdre, Sainte Pyrotechnie, illuminée

Ce que j'aime dans les blogs, c'est qu'on s'y fait des amis.

samedi 17 mai 2008

Ironie du sort

27 palotin, Saint Foin, coryphée

Ce samedi après-midi, j'ai déjeuné seul.

Comme toujours dans ce genre de configuration, bien que n'étant pas en compagnie, pas question de me laisser abattre. Boudin de canard aux pommes de terre nouvelles rissolées, tomme fermière de Corrèze, petit pain d'épices à l'abricot accompagné d'un thé noir.

Comme toujours dans ce genre de configuration, j'accompagne mon repas de quelques lectures à picorer: les chroniques du Gault & Millau 2008, Politis (journal d'opinion capable du meilleur comme du pire).

Ce n'est qu'à la fin de mon assiette que je commence à me sentir mal (cf illustration):



jeudi 8 mai 2008

Eduquons les entreprises

20 palotin, Saint Ti Belot, séide

Les entreprises sont comme des enfants. Elles obéissent à de profonds affects. Elles cherchent à s'approprier tout marché, y compris le marché "vert" ou "responsable", comme un bébé chercherait la possession exclusive de l'amour maternel.

D'où des réflexes primaires, quand surviennent les tendances de consommation plus responsables, comme ceux des fabricants de bagnoles qui cherchent à nous vendre des 4x4 comme des produits écologiques.

Heureusement, les entreprises sont comme les enfants: on peut les éduquer pour les rendre plus responsables; et l'éducation passe parfois par la punition.

C'est pour cette raison que la la Fédération nationale des associations des usagers des transports vient de porter plainte contre le constructeur automobile Saab pour "publicité mensongère".

samedi 19 avril 2008

Encore de la pub pour la bonne cause

27 clinamen, Saint Hure de Chasteté, pénitente

mercredi 9 avril 2008

Plein l'accu

19 clinamen, Saint Barbeau, procureur et Sainte Morue , juste

Voici quelques années, un peu avant l'avènement du puissant ipod, on voyait sur ce film publicitaire une jeune femme gigoter stupidement au son d'une musique fade, puis, la musique s'arrêtant, la blonde hésitait à jeter ses piles à la poubelle.

Se raisonnait-elle, se souvenant qu'une pile contient des métaux lourds qui allaient empoisonner les eaux ou l'air de sa région?

Non, elle se rappelait simplement que la raison de sa panne ne pouvait provenir que de son lecteur CD. Celui-là, également gorgé de métaux lourds, pouvait bien passer à la poubelle, la petite salope en avait tout un stock dans son placard.

Quand les piles auront des jambes, elles iront toutes seules à leur centre de recyclage.

Pendant ce temps, on m'apprend que les OGM sont autorisés en France, mais, qu'on se rassure, "les parcs naturels "peuvent" exclure la culture d'OGM, "avec l'accord unanime des exploitants agricoles concernés". Mais qu'est-ce que ça veut dire? Que dans un cas dérogatoire du droit commun exigé par la protection des sites, on peut exceptionnellement interdire aux agriculteurs de faire ce qu'ils sont d'accord pour ne pas faire? L'UMP vient d'inventer la première loi non-coercitive.

Au concours de lâcheté, ils sont nombreux sur la ligne de départ.

jeudi 3 avril 2008

La basse-cour et le ruisseau

11 clinamen, St Maquereau, intercesseur

Au fond d’une basse-cour coulait un ruisseau. Les pierres en faisaient chanter le cours. Voilà un domaine pour un gamin. Ce sont toujours les enfants qui chassent les écrevisses : soulever les caillasses dans un filet d’eau, le bas du pantalon relevé, ce n’est guère un sport d’adultes. Les adultes, pendant ce temps, ils entrent dans le poulailler avec un grand couteau et une bassine afin d’y prélever un poulet.

C’est ainsi qu’a pu naître l’idée d’un grand classique des dimanches de la cuisine bourgeoise : le poulet aux écrevisses.

N’ayant pas trouvé de ruisseau salubre où s’abriter dans ma petite ville de banlieue parisienne, les écrevisses hibernaient depuis quelques mois dans mon congélateur. Le printemps venu, j’avais résolu de les réveiller en les invitant à une petite sauterie au fond de ma cocotte en compagnie d’une aimable volaille. Un simple coquelet m’avait semblé mieux proportionné à l’appétit de deux convives. Vingt écrevisses pour un volatile aussi jeune : petit veinard, va.

Je fis donc entonner à ce chœur de crustacés la mélodie du ru printanier. Le coquelet s’en trouva tout attendri. Miracle, il se revêtit d’une robe orangée et d’une saveur à l’avenant. Lui aussi se sentait un peu crustacé. À lui qui n’avait connu de la vie que quelques mois de perchoir, de grain et de « libre parcours », on avait chanté l’onde fraîche du matin, la compagnie des alevins, le chant des grenouilles… Un peu plus, et il lui aurait poussé des pinces.

Mais les écrevisses n’avaient pas terminé là leurs aventures. Ne manger que leur queue fringante aurait été leur faire insulte. Pourquoi alors Dieu leur aurait-il donné une tête, des branchies et même une pince charnue, quoique fortifiée d’une épaisse carapace ? À la vérité, il est peu de techniques modernes qui ne viennent à bout de cette dernière mieux que le bon vieux moulin à légumes à manivelle. Une fois concassées, réchauffées dans un bouillon, lequel fut ensuite filtré, j’en ai obtenu la bisque, un liquide substantifique brun recouvert d’une pellicule rouge comme le homard honteux. Liée avec jaune d’œuf, crème et beurre, elle a constitué un consommé de luxe pour un dimanche soir langoureux.



vendredi 28 mars 2008

Maintenant ou à l'heure de notre mort

6 clinamen, Saint Ganymède, professionnel

C'était un soir comme un autre. Ma petite chaloupe m'avait concocté un petit repas italien: carpaccio, risotto, tiramisu. Nous avions dégusté un chablis premier cru, et finissions par une mirabelle, en évoquant divers sujets d'actualité: Fourniret, Verdun, l'horreur pas si loin de nous, la Mort, le sens de la Vie...

Finalement, nous convenions qu'il était bien difficile de donner un sens à sa vie. Aider les autres, rendre la société un peu plus juste, infléchir le cours de l'Histoire... Voilà qui pouvait paraître un projet de vie sensé. Mais au final, tout cela allait-il faire la moindre différence ? Etions-nous encore fondés à penser qu'il nous serait donné de laisser la moindre trace dix, vingt ou cent ans après notre mort ?

Sans illusions sur ce point, fallait-il se raccrocher aux illusions vendues par les religions et autres sectes, vie éternelle, réincarnation ?

Non, il fallait rester modestes. La seule trace que nous pouvions raisonnablement laisser sur cette terre serait la fertilisation qu'y apportera la décomposition de nos corps. De là renaîtront d'autres êtres, et, très humblement, nous participerons au grand cycle de la vie.

Mais dès aujourd'hui, avant que survienne l'heure fatale de notre mort, nous pouvons déjà cultiver la renaissance perpétuelle des essences vitales.

Nous pouvons aller chier dans les bois.

Nous reprîmes alors espoir et avalâmes une nouvelle rasade de mirabelle.

dimanche 2 mars 2008

Lettre de Saint Paul Bocuse aux Parisiens

7 pédale, Saint Gavroche, forain

Mes frères,

Lorsque vos pas vous portent vers la capitale des Gaules, vous rendrez grâce aux saints apôtres de la gastronomie. Saint Bobosse patron des andouilles, fruits des entrailles ; la Mère Richard, conceptrice de l’immaculé Saint-Marcellin, ainsi qu’à toute la litanie des bouchers, pâtissiers et boulangers dont vous trouverez les chapelles en mon Temple de Part-Dieu.

Votre chemin de croix vous fera ensuite passer par plusieurs stations où, en mémoire de moi, vous prendrez chacun de vos repas comme si c’était le dernier. Chez Hugon, vous desserrerez votre ceinture pour la première fois : poulet au vinaigre. Au Petit Flore, le soufflé au brochet fera descendre sur vous le Saint-Esprit. Chez Joseph Viola, gardien de la Sainte-famille des quenelles et du foie de veau, vous desserrerez votre ceinture pour la deuxième fois. Enfin, à la brasserie Georges, un bon Alsacien vous fera boire un peu de bière pour faire passer tout ça.

jeudi 28 février 2008

Chronique des fonds de frigo suite : la soupe aux choux

6 pédale, Vers Belges

Le chou est d’autant plus un légume d’hiver qu’il se conserve au bas du frigo autant de temps qu’il faut pour épuiser auparavant tous les légumes de saison.

C’est donc après de longues semaines que je me suis décidé à la couper, cette tête de chou, afin d’en faire l’épine dorsale d’une soupe tout-venant.

Débitée en feuilles, blanchie pour lui faire perdre son acidité gazogène, la tête a rejoint dans la cocotte quelques oignons qui brunissaient gentiment. Les fanes des radis mangés le midi même ne gâteraient rien. Enfin, des patates pour lier le tout et un demi-pot de crème pour arrondir les angles, et j’avais de quoi caler au chaud cette longue soirée de fin d’hiver. Régal.

mardi 26 février 2008

La diète occitane

5 pédale, Saint Ouducul, trouvère

Je m’en viens du pays cathare, terre de surprenants contrastes.

Comme on pouvait s’y attendre, nous y avons trouvé cette admirable gastronomie qui repose entièrement sur un lac de graisse de canard. Comme nous l’escomptions, nous avons donc enchaîné, au déjeuner comme au dîner, de succulents plats en sauce : lapin au lard, cassoulet, coq au vin…

Bien sûr, afin de dissoudre dans de sains efforts ces flots de lipides, nous avons occupé les intervalles entre deux repas à des randonnées à la découverte des châteaux cathares et d’autres splendeurs de cette région.

Le soir venu, nous trouvâmes le repos dans les nombreux gîtes d’étape des environs. C’est là, principalement, que nous avons découvert sa seconde culture.

Dans ces fermes désertées depuis longtemps par le laborieux paysan occitan se sont implantées, en nombre considérable, de nouvelles races : le hippie, le mystique, le new-age, le macrobiotique, le marginal, l’écologiste…

Nous nous trouvâmes donc autour d’une table rustique à faire mijoter une viande en compagnie d’une dizaine de dames dans la force de l’âge qui, au cours d’un «stage chamanique», pratiquaient la diète.

Alors que nous nous étions préparé d’abondantes salades, un coq au vin, des fromages de Pyrénées affinés à point et un armagnac digestif, nos colocataires ne s’autorisaient durant six jours que carottes, courgettes et galettes de riz.

Partagés entre esprit de provocation et embarras, nous n’arrivâmes pas à déterminer qui détenait la vérité.

La question, cependant, ne nous empêcha pas de dormir.



dimanche 20 janvier 2008

Les frémissements de l'hiver

23 décervelage, Saint Tank, animal

Au fil du marché, de semaine en semaine, j'aime détecter les frémissements des saisons. En l'occurence, il serait prématuré de dire qu'on peut percevoir des signes avant-coureurs du printemps. Cependant, à y regarder de très près, on sent que l'hiver n'est pas une morte saison comme on voudrait bien le croire. A son stade réputé le plus rude, la nature est toujours en mouvement; ou du moins, elle frémit.

Ainsi, primevères et narcisses sont déjà sur l'étalage du fleuriste.

Sur ce petit marché de la proche banlieue parisienne, une maraîchère tient depuis quarante ans son petit stand où elle mêle des fruits ardéchois à quelques légumes de sa propre production. Septuagénaire, le cheveu mis en plis, elle calcule toutes ses additions à la main. Les petits bouts de papier griffonnés constellent ses cageots. Quand on lui parle, elle confie à regret que la moyenne d'âge de ses clients augmente désespérément, que les jeunes préfèrent le supermarché...

Ils ont bien tort, car ils ratent le premier pissenlit de l'année. La dame a en a cueilli elle-même les petites pousses encore tendres. Amis, c'est maintenant le moment où vous pouvez faire mollir les oeufs et suer les lardons. C'est le moment de déguster une excellente salade du milieu de l'hiver.


(Clique)

dimanche 13 janvier 2008

Chronique du fond du frigo

16 décervelage, Saint Mauvais, sujet

Pour deux euros, on trouve deux maquereaux sur n'importe quel marché. Un poisson qui présente le triple avantage, outre d'être bon marché, d'être savoureux et de ne pas faire partie des nombreuses espèces marines menacées.

L'ami Kerguelen m'avait recommandé la cuisson en papillotte. Il ne manquait qu'à dresser l'état des lieux de mon réfrigérateur: une carotte, un citron, de la moutarde à l'ancienne, une branche de cèleri, un vieux restant de tzipouro (un alcool du Nord de la Grèce - faute de vin blanc), de l'ail, de la crème.

C'était largement assez pour tenir compagnie à nos deux petits amis le temps d'un séjour de vingt minutes.



dimanche 6 janvier 2008

Bijoux de famille

7 décervelage, Saints Forçats, pollorcètes

A l'apéritif ou en entrée sur un lit de salade, étonnez vos amis avec les bijoux de coq, une spécialité auvergnate raffinée.



dimanche 16 décembre 2007

Réponse à tout

14 sable, Don Quichotte, champion du monde

Quand L'Ecclésiaste est perplexe, Yahoo résoud la question.



Il n'y a pas de problème, il n'y a que des solutions. C'est beau comme du Sarkozy.

jeudi 13 décembre 2007

Joie

12 sable, Sainte Choupe, mère de famille

Comme chaque année, Noël offre une occasion de se réjouir.




mardi 11 décembre 2007

Un peu de fraîcheur

9 sable, Saint Sagouin, homme d'Etat



mercredi 5 décembre 2007

Un nouveau décor pour ma boîte à lettres

5 sable, Sainte Savate, avocate


(image fouinée sur le blog chti et picard)

lundi 3 décembre 2007

Mon Kyoto à moi

3 sable, Saint Phlegmon, doctrinaire

Alors que le monde se réunit à Bali pour négocier des tonnes de carbone, les glaciers fondent, les rivières risquent de s'assécher, les mers de monter... On a tous l'impression de connaître le scénario-catastrophe, mais il se trouve qu'il est de plus en plus probable qu'il soit réellement catastrophique.

Melfrid a donc décidé de passer à la vitesse supérieure et de décréter son petit Kyoto personnel:
- Baisse du chauffe-eau de 80°C à 50°C, ce qui aura pour conséquence de cesser de m'ébouillanter chaque fois que je veux faire la vaisselle.
- Installation d'ampoules à basse consommation d'énergie, même si elles me donnent une impression de pénombre chez moi.
- Refus de l'avion pour mes petites vacances personnelles, et compensation carbone en cas de nécessité.
- Utilisation systématique du vélocipède pour tous mes déplacements urbains.
- Extinction systématique des appareils inutilisés à l'aide de prises multiples à interrupteur.
- Consommation d'un maximum de produits frais locaux et de saison.
- Diminution, à regret, de ma consommation de viande.
- Lobbying actif auprès de mes petits collègues afin d'appliquer ces mesures au bureau.
Des idées pour allonger cette liste ?

mardi 6 novembre 2007

Crise d'existence

4 as, Saint Cravan, boxeur

Il y a 446 billets dans le blogue Melfrid (447 avec celui-ci qui ne sert à rien).

Parfois, je me dis qu'il faudrait que j'y remette de l'ordre: créer un habillage moins laid que celui-ci, mettre à jour le CMS, mieux classer en rubriques, poster davantage, être plus original, cultiver des liens avec d'autres...

D'autres fois, je me dis plutôt que je devrais décoller le nez de mon écran.

jeudi 1 novembre 2007

Tirés à quatre épingles

26 haha, Commémoration du Cure-dent

En cette belle fête de Toussaint, le prospectus 20 Minutes fête les monstres.

lundi 15 octobre 2007

Adieu l'artiste

10 haha, Saint Panmuphle, huissier

Au fond de leurs hospices, les barbouzes grabataires écrasent une larme.

Dans les bras de leurs aides ménagères, les soudards incontinents sont en deuil.

L'incarnation de l'aventure exotique crapuleuse n'est plus.

Alzheimer a réussi là où le palu, la fièvre jaune, les crocodiles, les sagaies au curare, les mines, les balles de mitrailleuses lourdes et les sharpnels ont échoué.

Bob Denard est mort.

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