dimanche 5 octobre 2008

Chez les Turcs

27 absolu, Saintes Gigolette et Gaufrette, dogaresses

Turquie


vendredi 19 septembre 2008

Souple d'esprit

11 absolu, Sainte Purée, sportswoman

Si vous connaissez Melfrid ou si vous suivez son blogue depuis longtemps, il ne vous a pas échappé que depuis cinq ans, il a fait des efforts considérables afin de pourfendre ses propres préjugés, espérant ardemment que les faits ne l'en découragent pas.

Rendons-lui justice: il est un peu moins buté qu'avant.

La preuve: il est même prêt à admettre qu'il y a à droite comme à gauche des personnalités politiques sensées, douées de valeurs fortes et de convictions profondes. Il peut convenir aujourd'hui que l'UMP n'est pas qu'un ramassis d'arrivistes et de bourgeois réactionnaires, mais que dans ce parti, il existe aussi des personnes qui comprennent le monde dans lequel nous vivons et innovent afin de le rendre meilleur pour tous.

Enfin, il en existe une.

Nathalie Kosciusko-Morizet milite inlassablement pour débuter modestement ce qui doit devenir l'une des mutations majeures de ce début de siècle: la fiscalité écologique, c'est-à-dire l'idée selon laquelle notre économie peut commencer à intégrer dans le calcul de la valeur les externalités négatives ou positives d'une activité humaine.

Aujourd'hui, les députés de droite, Jean-François Copé en tête, nous ont apporté la preuve que l'UMP était toujours bien constituée de bourgeois réactionnaires, opposés par principe à tout ce qui pourrait ressembler à une taxe. D'accord pour sauver le monde de la catastrophe écologique, mais pas au risque d'effrayer «la mère de famille de trente ans» qui serait fort marrie de payer un centime de plus sur ses couches-culottes jetables.

Du courage politique, où ça?

mardi 12 août 2008

Les douze apôtres et les cinq courtisanes

2 phalle, Sainte Ruth, zélatrice



jeudi 7 août 2008

Anti-conformisme

27 tatane, Saint Pistolet à Merdre, jubilaire

Monsieur le président de l'ordre des experts comptables en a assez qu'on dise que les gens de sa profession sont des esprits étriqués et conformistes. Il a donc mis son bureau à l'envers, suspendu les chaises au mur, et a décidé de lancer une campagne de publicité destinée à pourfendre tous les clichés.



dimanche 3 août 2008

Blanquette de veau à la vanille

21 tatane, Saints Catoblepas, lord et Anoblepas, amirals

C'est simple: vous faites une blanquette de veau, et quand vous avez préparé la sauce, vous la faites bouillir avec une gousse de vanille. Miam.

samedi 19 juillet 2008

La fleur au fusil

7 tatane, Saint Biribi, taulier

Melfrid a toujours eu des lectures éclectiques. Ainsi a-t-il eu l'occasion de feuilleter le dernier numéro du Bulletin de l'association générale de prévoyance militaire, la caisse qui alimente la longue retraite de nos vaillants soldats.



On y apprend qu'à l'instar de toutes les organisations et entreprises de France, la grande Muette a réalisé qu'elle devait, elle aussi avoir des actions en faveur de l'environnement.

Ce sont, en revanche, les agents de l'Etranger qui viennent polluer nos belles côtes bretonnes:



Disclaimer: il est bien sûr sous-entendu que la politique de l'armée envers le développement durable n'est valable qu'en temps de paix.

jeudi 17 juillet 2008

Bouger son sourcil droit

6 tatane, Saints Robot et Cornard, citoyens

Qu'auriez-vous fait à ma place?

Nous étions rue des Ecoles, au sortir de la projection du film Leningrad Cowboys meet Moses. Le deuxième volet d'une histoire abracadabrante, à l'humour noir savamment calculé, où le plus mauvais groupe de rock du monde, bananes longues comme le bras et chaussures à l'avenant, parti chercher le succès aux Etats-Unis, «pays où la pire merde se vend», est ramené à son pays, la Sibérie, par un Moïse peu crédible. Cette œuvre déjantée est le produit du cerveau d'un de mes cinéastes préférés, Aki Kaurismäki.

A la sortie, je m'étais même offert l'intégrale en DVD. Il se trouvait alors que le film était projeté dans le cadre d'une rétrospective du cinéaste, et que justement Kaurismäki était là, face à nous, assis seul à la terrasse du Balzar, le regard baissé sur son verre de blanc à la manière des grands timides.

Que feriez-vous si vous aviez l'intégrale d'un de vos cinéastes favoris à la main et qu'il était en face de vous, désœuvré? Ne me dites pas qu'à tout le moins, l'idée ne vous traverserait pas l'esprit: au risque de vous ridiculiser et de ne rien lui dire d'intéressant, vous l'abordez et vous lui faites signer.

Je me suis en effet ridiculisé, et je n'ai rien dit d'intéressant. Lui, probablement aussi embarrassé que moi, a eu une de ces saillies glaciales qui apparemment lui servent de moyen d'expression:

« - Merci d'avoir gâché votre soirée à venir voir mes films »

Si vous avez raté sa rétrospective début juillet, vous pouvez en voir quelques moments ici, notamment ceci:

« - J'aime les animaux, je me fiche un peu des gens.
- Il y a pourtant beaucoup d'humains dans vos films.
- Après de nombreuses recherches, je me suis rendu compte que les films marchent mieux avec des humains. Je ne sais pas si Walt Disney serait d'accord... »


Il y a aussi le secret de sa direction d'acteurs:

- « Vous ne devez rien bouger sauf votre sourcil droit »

Notez aussi la manière dont il a abordé André Wilms, l'un de ses acteurs récurrents (vous le connaissez: M. Le Quesnoy dans La vie est un long fleuve tranquille)

- « Vous avez un grand nez. C'est bien. Vous pouvez fumer sous la douche. »

Trève d'anecdotes. Kaurismäki, sous ses airs loufoques, est placé par la critique dans la lignée de Bresson, Godard, Antonioni, mais en version tragi-comique. Courez voir ses films.

mercredi 16 juillet 2008

Vert à l'extérieur...

5 tatane, Saint Arsouille, patricien

Les Verts ont décidé de décerner un prix aux champions de l'"écoblanchiement", c'est-à-dire les entreprises les plus enclines à se repeindre en vert dans leurs publicités sans mettre en place la moindre action concrète derrière (en anglais on appelle cela le "greenwashing").

C'est par là que ça se passe...

lundi 30 juin 2008

Higuma, cantine à nouilles

16 gidouille, Saint Inventaire, poète

Les Parisiens trop fauchés pour s’offrir un aller-retour pour le Japon savent que, pour moins de dix euros, ils peuvent en découvrir un aspect rue Sainte-Anne, à la cantine à nouilles Higuma. Rien à voir, je vous rassure, avec les débits de poisson dupliqués à tous les coins de rue par des gens qui voient une légitimité suffisante dans le fait d’être Asiatique pour devenir restaurateur japonais.

À Higuma, si vous ne trouvez pas le raffinement que vous pouvez attendre de ce pays, au moins pourrez-vous y contempler un spectacle que je suppose authentique. Vous pourrez vous attabler derrière un bar en formica exténué qui tient lieu de séparation entre la salle et la cuisine. Vous y serez comme à une loge d’honneur sur un fascinant ballet à flux tendu. En face : un plongeur pakistanais et trois cuistots japonais parmi lesquels une hiérarchie semble établie.

Le premier se contente d’apprêter et de desserrer des paquets de longues nouilles ; ou de puiser le bouillon des soupes au fond d’une immense marmite, presque une citerne.

Le deuxième immerge des raviolis au fond de plaques couvertes d’eau et chauffées à feu vif. Quand l’eau est évaporée, il en laisse griller une face, puis les décolle à la spatule. Il lave ensuite la plaque, et recommence inlassablement.

Le troisième est de loin celui qui a la plus lourde charge, celle portée par trois grands woks posés en permanence sur des foyers à travers des sortes de lunettes de WC qui permettent de reconstituer l'ordre terrestre : le feu dessous, l'eau autour.

Dans ces woks, le maître-nouilles lance, imperturbable, les différents ingrédients de plats dont il déchiffre simultanément les libellés sur les tickets empilés par les serveurs : nouilles, riz, porc, légumes, soja, calamar… À chaque volée de nouilles dans l’huile, des flammes monstrueuses s’élèvent une seconde, avant d’être prestement maîtrisées en un ou deux sauts de poêle. Un pas de rumba, deux gigotements de twist, une torsion de tango, et les plats, emmenés dans la danse, ont tôt fait d’être à point.

Le wok se vide et, sans qu’il quitte le feu, on le remplit d’eau et on le récure à la brosse métallique. Il est prêt pour la prochaine fournée.

jeudi 19 juin 2008

Enfer prohibitif

4 gidouille, Sainte Tripe, républicaine

Il n’est pas dans mes habitudes d’agresser verbalement les inconnus, mais, en ce samedi où je déjeunais dans un lieu public, une borne avait été franchie.

« Il y en a marre de cet enfer prohibitif. »

Je me retournai. À ma gauche, il y avait un homme, la trentaine mal rasée, peut-être de gauche, en tout cas visiblement porteur de quelque révolte désorientée qu’on cherche à diriger vers un objet qu’on juge injuste, superflu ou oppressant : les banquiers, les Juifs, les Arabes, les communistes, le gouvernement, les Américains, les patrons, les pollueurs...

En l’occurrence, il parlait des lois anti-tabac.

Personnellement, en tant que non-fumeur, il me semble respirer bien mieux depuis que cette loi est en vigueur. Pour autant, auparavant, je n’avais pas trop l’impression que mes sorties du samedi soir étaient gâchées par la fumée.

Non, ce qui me gênait dans son propos, c’était son emploi des termes « enfer » et « prohibition ». Alors j'entrepris de lui faire la morale. L’enfer, c’est la souffrance, l’enfermement, la torture, la maladie, la faim… L'enfer, c'est n'avoir rien à donner à ses enfants affamés. L’enfer prohibitif, c’est probablement les dictatures turkmène ou birmane, la condition des Palestiniens ; l’interdiction de s’exprimer, de se mouvoir. Pas celle de fumer dans les lieux publics.

On peut faire de la révolte un état d’esprit, un principe de vie. Cependant, là, dirigée ainsi, elle ne dégageait rien d'autre qu'un égoïsme franchouillard. Des mots puissants appliqués à de petits tracas quotidiens d’occidental bien nourri s'atténuent et se détachent de leur sens. Si l’enfer, c'est perdre sa famille dans une inondation au Bengladesh, et que c'est aussi le fait de devoir sortir pour se griller sa clope ; alors l’enfer, ce n’est pas si grave.

C’est ainsi que les pires situations deviennent acceptables.

dimanche 15 juin 2008

Bon goût Suédois

1 gidouille, Sainte Bouzine, esprit

Pour le Français féru des mets que produit son pays, un voyage en Suède implique d'accepter de manger du hareng sucré ou des boulettes de porc aux airelles. C'est un peu rude, mais il y a parfois du bon à y prendre.

Du côté de la nourriture de rue, en revanche, l'unique enseignement à tirer est que si les Français nourrissent un certain nombre de phantasmes envers les Suédois(es), l'inverse peut aussi être vrai:



Car le kiosque à hotdog est chose aussi courante à Stockholm que le kiosque à journaux l'est à Paris. On peut le déguster en toute sobriété, avec un simple trait de moutarde du meilleur goût:



... Ou bien exprimer sa créativité en l'agrémentant de toutes sortes de sauces:



En revanche, là, je m'interroge:



Se trouvera-t-il un lecteur en mesure de nous éclairer sur ce mystère?

lundi 9 juin 2008

Jeux d'écriture entre amis

24 merdre, Sainte Purge, sage-femme

J'ai animé le week-end dernier un atelier d'écriture à Brest dans le cadre du festival Ici et ailleurs.

Pour les amateurs de paléographie et pour tous ceux qui s'intéressent à ce que peut produire un travail de groupe composé de personnes écrivant une histoire pour la première fois ou presque, j'ai consigné les contributions de tous à cette adresse.

vendredi 30 mai 2008

Vous avez un ami dans l'immobilier

21 merdre, Sainte Pyrotechnie, illuminée

Ce que j'aime dans les blogs, c'est qu'on s'y fait des amis.

samedi 17 mai 2008

Ironie du sort

27 palotin, Saint Foin, coryphée

Ce samedi après-midi, j'ai déjeuné seul.

Comme toujours dans ce genre de configuration, bien que n'étant pas en compagnie, pas question de me laisser abattre. Boudin de canard aux pommes de terre nouvelles rissolées, tomme fermière de Corrèze, petit pain d'épices à l'abricot accompagné d'un thé noir.

Comme toujours dans ce genre de configuration, j'accompagne mon repas de quelques lectures à picorer: les chroniques du Gault & Millau 2008, Politis (journal d'opinion capable du meilleur comme du pire).

Ce n'est qu'à la fin de mon assiette que je commence à me sentir mal (cf illustration):



jeudi 8 mai 2008

Eduquons les entreprises

20 palotin, Saint Ti Belot, séide

Les entreprises sont comme des enfants. Elles obéissent à de profonds affects. Elles cherchent à s'approprier tout marché, y compris le marché "vert" ou "responsable", comme un bébé chercherait la possession exclusive de l'amour maternel.

D'où des réflexes primaires, quand surviennent les tendances de consommation plus responsables, comme ceux des fabricants de bagnoles qui cherchent à nous vendre des 4x4 comme des produits écologiques.

Heureusement, les entreprises sont comme les enfants: on peut les éduquer pour les rendre plus responsables; et l'éducation passe parfois par la punition.

C'est pour cette raison que la la Fédération nationale des associations des usagers des transports vient de porter plainte contre le constructeur automobile Saab pour "publicité mensongère".