lundi 1 juin 2009
Dix bonnes raisons d'adorer la Grèce
Par Melfrid le lundi 1 juin 2009, 23:57 - La vie romancée dudit Melfrid
1. La nourriture et l'art de la partager. Le moindre estiatorio de village sert du poisson frais, de vraies frites et des salades baignées dans une huile d'olive bénie des dieux. A table, les Grecs mettent en commun une multitude de hors-d'œuvre et de grillades. Il est autorisé de piquer dans les plats. Les assiettes sont à toute la compagnie.
2. La musique et l'art de la vivre. Au cours d'un panegiri (fête de village) ou dans les rebetadiki (clubs de musique des années vingt), tous dansent, boivent, se battent, rient et pleurent ensemble. Rire et pleurer: c'est ce qu'on appelle la fête grecque. On peut aussi écouter des musiques actuelles inspirées, poétiques, tragiques et joyeuses, créées par de vrais compositeurs et incarnées par de grands interprètes.
3. Le rythme de vie. Siga, siga. Qu'est-ce qui compte, au final? Savourer chaque seconde, et être en bonne compagnie!
4. Les reliefs dramatiques. L'île d'Ikaria: 7km de large, culmine à 1000m. La péninsule du mont Athos, large de 6km, monte à 2000m.
5. Les eaux turquoise, les criques perdues jonchées de vieilles barques.
6. La mystique et l'esthétique d'une religion qui sature les cinq sens: chants, encens, icônes et reliefs cherchent à vous faire toucher le divin. Cul-béni ou athée, on est difficilement imperméable.
7. L'histoire ancienne, byzantine et contemporaine, inspirée et tragique.
8. La langue, ses racines profondes, son rythme, ses formules aimables qui viennent du cœur: Xairete, Sto kalo...
9. Le soleil, quand il se couche au printemps sur Santorin.
10. Le sens du petit commerce et de la transmission familiale. La Grèce ne connaît presque pas les hypermarchés.
Dix bonnes raisons de haïr la Grèce
Par Melfrid le lundi 1 juin 2009, 22:31 - La vie romancée dudit Melfrid
1. Le poids de la famille élargie.
Va faire ton PHD à Oxford, mon fils, mais surtout, reviens pour reprendre le kiosque à cigarettes de ton pèreou
Ma fille, ta belle-mère et ta grand-mère vont emménager chez toi pour t'aider à éduquer tes enfants.
2. L'esprit quérulent, procédurier et mesquin de certaines personnes en Grèce, envers ceux avec qui elles ont un conflit d'intérêts.
3. La pesanteur morale de la religion et son immixtion dans les affaires publiques. On a frôlé la sortie de l'Union européenne quand, sous la pression de celle-ci, l'Etat a retiré la mention de la religion orthodoxe sur les cartes d'identité.
4. Le nationalisme et la haine des frontaliers présents dans encore trop d'esprits: le Turc malfaisant, l'Albanais voleur, le Bulgare mangeur d'enfants, le Fyromien (ne dites pas "Macédonien") usurpateur...
5. Le soleil qui assomme Athènes en juillet.
6. La retsina, un vin où l'on a fait infuser des aiguilles de pin dans le seul but de vous donner mal à la tête le lendemain.
7. La plage de Litohoro, où il y a plus de détritus que de galets. Les décharges à ciel ouvert, dont certaines classées Seveso.
8. Le tourisme de masse qui gâche l'Acropole, Delphes ou Mykonos.
9. Les restaurants dits "grecs" de la rue de la Huchette à Paris.
10. Les chauffeurs de taxi d'Athènes et de Thessalonique.
mercredi 15 avril 2009
Dédale
Par Melfrid le mercredi 15 avril 2009, 23:47 - Transport cycliste
24 clinamen, Saint Tupetu de Tupetu, organisateur de loteries
Vous trouvez Paris congestionné, asphyxié, envahi par l'automobile?
Vous toussez quand vous longez l'autoroute A4 et vous vous demandez quel cerveau malade a bien pu concevoir la porte de Bercy?
Rassurez-vous, ça aurait pu être pire. Nous avons frôlé l'invivable.
A la fin des années soixante, le plan d'aménagement de la ville ressemblait à ça:
- En rouge, les autoroutes et voie express actuelles
- En violet, les autoroutes prévues à l'époque
- En bleu foncé, les différentes autoroutes prévues par le plan
- En bleu clair, les sections enterrées
- Les traits fins correspondent aux sections unidirectionnelles.
Non seulement ce plan existait, mais il on peut deviner l'intention de sa réalisation en plusieurs points à Paris. Les voies sur berges actuelles n'étaient que les premières pièces d'un hideux puzzle.
Plus d'infos ici...
dimanche 29 mars 2009
La friandise de Bob
Par Melfrid le dimanche 29 mars 2009, 16:40
6 clinamen, Saint Ganymède, professionnel
Pendant les voyages aériens, surtout avec escale, on a souvent très faim. Heureusement, la compagnie aérienne hispanique qui me véhiculait avait tout prévu.
samedi 14 mars 2009
La preuve par l'image
Par Melfrid le samedi 14 mars 2009, 19:22 - Transport cycliste
lundi 9 mars 2009
Noninationalistes
Par Melfrid le lundi 9 mars 2009, 21:15 - Politique n'est pas un gros mot
15 pédale, Saints Adelphes, esotéristes
Nous allons faire du scrutin du 7 juin un double référendum contre le traité de Lisbonne et contre la politique libérale de Sarkozy. Le peuple va parler.
Ces mots ont été prononcés hier par Jean-Luc Mélenchon, qui cherche à ratisser la gauche gauche de la gauche au motif prétendument rassembleur de l'opposition à un amalgame.
Au secours, les nonistes sont de retour.
Pitié pour le scrutin européen ! Arrêtez de tirer sur les ambulances ! Comment Mélenchon peut-il se prétendre d'une autre Europe
, mais d'Europe quand même, alors qu'il caricature l'unique rendez-vous démocratique de l'Union en une consultation démagogique et franco-française ?
L'Europe n'est pas le traité de Lisbonne ; le traité de Lisbonne n'est pas la politique de Sarkozy. L'Europe mérite mieux qu'un référendum. Elle mérite mieux que ce piteux spectacle. Elle mérite un véritable espace politique européen, avec des formations politiquement cohérentes par-delà les frontières. Elle mérite un débat d'idées à son échelle.
Mélenchon, Buffet et Besancenot étant des spécialités franchouillardes, ils seraient en effet bien en peine de trouver dans d'autres pays quiconque voudrait bien dialoguer avec eux. Peut-être les ultra-libéraux ultra-sceptiques tchèques ? La droite du parti conservateur britannique ? Ce seraient là bien les meilleurs partenaires pour une alliance objective.
Derrière les mots des nonistes, de gauche comme de droite, perce la petite musique du nationalisme.
Or, il paraîtrait que le nationalisme, c'est la guerre. En ces temps de crise, faudrait voir à ne pas l'oublier.
samedi 7 mars 2009
Hydrolyse de plume et vinasse de mélasse
Par Melfrid le samedi 7 mars 2009, 18:54
13 pédale, Sainte Valburge
Vu sur un bidon d'engrais dit "biologique".

vendredi 6 mars 2009
J'en veux pas...
Par Melfrid le vendredi 6 mars 2009, 23:29
lundi 2 mars 2009
Lettre de Saint Paul Bocuse aux Parisiens
Par Melfrid le lundi 2 mars 2009, 13:02 - Le goût
7 pédale, Saint Gavroche, forain
Mes frères,
Lorsque vos pas vous portent vers la capitale des Gaules, vous rendrez grâce aux saints apôtres de la gastronomie. Saint Bobosse patron des andouilles, fruits des entrailles ; la Mère Richard, conceptrice de l’immaculé Saint-Marcellin, ainsi qu’à toute la litanie des bouchers, pâtissiers et boulangers dont vous trouverez les chapelles en mon Temple de Part-Dieu.
Votre chemin de croix vous fera ensuite passer par plusieurs stations où, en mémoire de moi, vous prendrez chacun de vos repas comme si c’était le dernier. Chez Hugon, vous desserrerez votre ceinture pour la première fois : poulet au vinaigre. Au Petit Flore, le soufflé au brochet fera descendre sur vous le Saint-Esprit. Chez Joseph Viala, gardien de la Sainte-famille des quenelles et du foie de veau, vous desserrerez votre ceinture pour la deuxième fois. Enfin, à la brasserie Georges, un bon Alsacien vous fera boire un peu de bière pour faire passer tout ça.
lundi 23 février 2009
Galanthus nivalis
Par Melfrid le lundi 23 février 2009, 22:08
27 gueules, Saint Tabagie, cosmogène
J'aime les signes avant-coureurs du printemps.

Bon, je sais, c'est ténu.
lundi 16 février 2009
Knisper! Knasper! Knusper!
Par Melfrid le lundi 16 février 2009, 22:46 - Le goût
20 gueules, Saint Lafleur, valet
Ils sont là, tout autour de nous. Dans nos poutres et nos parquets. Dans nos cloisons creuses. Ils nous entourent, mais je suis le seul à les entendre. Ils minent la base de notre société occidentale, capitaliste et chrétienne. Au plus profond de la nuit, je me réveille parfois en sueur, et je les entends me grignoter patiemment le cerveau. Le médecin me refuse le scanner, mais je sais qu'ils sont en moi. Ils doivent ronger sans arrêt tout ce qui leur passe sous les mandibules, de peur que leurs dents ne poussent démesurément.
Ils sont trois. Ce sont des petits trolls malfaisants. La mythologie finlandaise les appelle Riks! Raks! Poks! Les Suédois les connaissent sous le nom de Piff! Paff! Puff! Chez les Allemands, allez comprendre pourquoi, ce sont Knisper! Knasper! Knusper!
Pour ma part, je les connaissais sous leurs noms anglophones de Snap!® Crackle!® Pop!®. Chaque pays, en fait, a une manière différente de transcrire l'onomatopée du lait qui fait exploser les alvéoles du riz soufflé comme rompraient des neurones minées par l'angoisse. Dans tous les pays, en tout cas, elle est personnifiée par trois personnages vertically challenged.

Après des nuits de cauchemar, j'ai parcouru en vain plusieurs supermarchés pour retrouver cette madeleine de Proust de mon enfance. Aujourd'hui, la céréale de petit déjeuner s'est sophistiquée en se segmentant. Elle doit être parfumée au chocolat ou nappée d'une solution de miel et de saccharose. Les Rice Krispies® ont disparu.
Visiblement, les trois nabots sont encore populaires chez les Etasuniens où le riz soufflé permet de confectionner des desserts dont ce pays a le secret: guimauve, beurre de cacahuète, bananes, crème fouettée, chocolat, dragées colorées... Parfois, le tout en même temps.
Réveille-toi, ce n'était qu'un cauchemar.
dimanche 15 février 2009
Mue douloureuse
Par Melfrid le dimanche 15 février 2009, 22:20
20 gueules, Saint Lafleur, valet
Vous vous en êtes probablement aperçu : voici un mois que le blogue Melfrid pédalait dans la choucroute.
Le fait est que le fait d'installer une nouvelle version de Dotclear peut tourner au cauchemar pour qui n'a pas un diplôme d'ingénieur en informatique.
C'est heureusement le cas de l'ami Jocelyn qui a volé à mon secours. Merci à toi!
Pour la peine, Melfrid change son décor et changera peut-être un peu aussi le ton de ses billets.
A très bientôt.
jeudi 8 janvier 2009
2009 dans le panier à salade
Par Melfrid le jeudi 8 janvier 2009, 23:08 - La vie romancée dudit Melfrid
Moi, mon préféré, c'est le quatrième. Et vous?
mercredi 7 janvier 2009
Un Grenelle dans le vent
Par Melfrid le mercredi 7 janvier 2009, 22:49 - Politique n'est pas un gros mot
Notre joli gouvernement aime les beaux principes décoratifs. Ainsi, l'an dernier, a-t-il décrété le
Grenelle de l'Environnementqui devait tout changer : gel des autoroutes, plan climat-énergie, trame verte...
Cependant, comme si rien n'avait changé, l'Etat et les collectivités locales continuent d'autoriser, voire d'initier d'affreux projets: circuit de formule 1, portions d'autoroutes, incinérateurs...
L'Alliance pour la Planète, qui dans ce sens avait mis au défi notre Président alors qu'il n'était qu'un petit caporal, vient de mettre en ligne une carte interactive des projets
grenello-incompatibles.
vendredi 12 décembre 2008
Faire et défaire...
Par Melfrid le vendredi 12 décembre 2008, 12:06 - La vue
J'aimerais qu'on m'explique...

dimanche 30 novembre 2008
Cent fois sur le métier vous remettrez l'ouvrage
Par Melfrid le dimanche 30 novembre 2008, 16:45 - La vie romancée dudit Melfrid

Remarque de Madame : "C'est très étrange : leur site est régulièrement coupé pour amélioration, mais rien ne s'améliore, loin de là."
Proposition à la SNCF : et si vous vous inspiriez de la qualité germanique ?
jeudi 27 novembre 2008
Elégie à un verne du Japon (ceci n'est pas une contrepèterie)
Par Melfrid le jeudi 27 novembre 2008, 10:06 - La vie romancée dudit Melfrid
Du haut du second étage où j'habite, j'avais la tête dans le feuillage d'un verne du Japon.
A travers ma fenêtre, je ne voyais à la belle saison que son feuillage vert tendre. Il m'apportait la fraîcheur de son ombrage en été. Parfois, alangui dans un transat sur mon étroit balcon, je lisais en écoutant les merles qui batifolaient sur ses branches. Il m'isolait du regard indiscret du voisin d'en face. Il était mon îlot de verdure. A deux cent mètres du périphérique parisien et à cinq cents mètres de l'autoroute A4, il était ma bouffée d'oxygène.
Certes, ce n'était pas une essence noble. En octobre, il saturait la cour et mon balcon de son feuillage en décomposition. En juin, ses millions de fleurs microscopiques dégageaient une forte odeur de viande séchée et, en tombant, tapissaient à nouveau le sol d'une neige douteuse en putréfaction. Pourtant, tout cela n'était que mineurs inconvénients.
Ce matin, j'ai été réveillé par l'un des bruits les plus désagréables qui soient, celui d'une tronçonneuse. En hâte, je m'habille et sors. Parmi les branches où se posent habituellement les pigeons, un homme casqué, sanglé, ganté. Je l'interroge.
"O lou coupe", roucoule-t-il.
Je descends en flèche les escaliers pour aller questionner ma propriétaire. Oui, c'est bien elle qui a décrété la peine capitale. Quel crime était reproché à notre pauvre aulne? Il a poussé.
A l'heure qu'il est, mon verne du Japon a subi le sort des milliers de platanes qui ombragent les anciennes routes royales, pour la simple raison qu'ils sont là et qu'ils poussent. Y a-t-il des accidents de la route? Des voitures emboutissent des platanes? Rasez les platanes. La pollution urbaine sensibilise les allergiques au pollen? Blâmez les tilleuls. Il faut construire une route, un supermarché? Coupez les chênes qui sont là et qui gênent.
Pour nous, citadins, l'arbre est notre oxygène. Il est une ombre rassurante à nos côtés, au quotidien, au fil des ans. Il enracine notre histoire. On ne l'aperçoit qu'à peine, mais c'est grâce à lui qu'on respire. Puis un jour, alors qu'il est là chez lui, on se dit qu'il nous barre la route, qu'il contrecarre nos projets d'avenir; alors on le coupe.
On ne construit pas un avenir en déracinant le passé.
Bande d'aveugles, laissez les arbres en paix, ils ne vous ont rien fait.
vendredi 21 novembre 2008
Venez comme vous êtes : seul
Par Melfrid le vendredi 21 novembre 2008, 11:05 - La vie romancée dudit Melfrid
Le lecteur régulier du blog Melfrid aura compris que j'éprouve assez peu de sympathie pour l'industrie de la publicité, et fort peu d'amour pour l'industrie du "fast food", quoi que, dans ma vie quotidienne, il me soit plus facile de faire abstraction du second que de la première.
Difficile en effet de faire actuellement abstraction, pour qui vit en ville et en France, de la campagne de la chaîne Mac Donald's montrant des visages de gens souriants, assortis du message "Venez comme vous êtes". En soi, ces affiches n'ont rien de désagréable, et ces visages souriants sont même plutôt sympathiques.
C'est ce qu'il me semblait, jusqu'à entendre un cadre de cette chaîne expliquer l'argumentaire qui sous-tend cette campagne.
Les codes sociaux qui régissent l'alimentation, disait-il en substance, sont très rigides dans notre pays. La chaîne en question souhaite mettre en valeur le fait que ces codes n'ont pas cours dans les lieux qu'elle gère.
Il était sous-entendu que les codes en question étaient la bienséance, les heures fixes, le fait d'utiliser des couverts - peut-être également le fait de réprimer les bruits corporels, de manger de manière équilibrée, et, de préférence, de partager son repas avec sa famille et ses amis... Bref, Mac Donald's nous signifie que chez lui, le repas n'est plus un moment privilégié de vie en société.
Ce message publicitaire, qui se veut pourtant humaniste, remet en question ce qui donne à la nourriture son sens hautement symbolique: le partage, la saveur du produit comme lien aux autres... Des trucs de la vieille Europe, sans doute.
vendredi 7 novembre 2008
Des racines et des ailes
Par Melfrid le vendredi 7 novembre 2008, 10:28 - Le goût
Au Moyen-Age, les mets étaient hiérarchisés de la terre au ciel. Les racines étaient réservés aux misérables, les grands volatiles étaient pour les grands seigneurs. Quant aux paysans, ils mangeaient du chou.
Histoire des légumes...
vendredi 19 septembre 2008
Souple d'esprit
Par Melfrid le vendredi 19 septembre 2008, 23:59 - La vie romancée dudit Melfrid
Si vous connaissez Melfrid ou si vous suivez son blogue depuis longtemps, il ne vous a pas échappé que depuis cinq ans, il a fait des efforts considérables afin de pourfendre ses propres préjugés, espérant ardemment que les faits ne l'en découragent pas.
Rendons-lui justice: il est un peu moins buté qu'avant.
La preuve: il est même prêt à admettre qu'il y a à droite comme à gauche des personnalités politiques sensées, douées de valeurs fortes et de convictions profondes. Il peut convenir aujourd'hui que l'UMP n'est pas qu'un ramassis d'arrivistes et de bourgeois réactionnaires, mais que dans ce parti, il existe aussi des personnes qui comprennent le monde dans lequel nous vivons et innovent afin de le rendre meilleur pour tous.
Enfin, il en existe une.
Nathalie Kosciusko-Morizet milite inlassablement pour débuter modestement ce qui doit devenir l'une des mutations majeures de ce début de siècle: la fiscalité écologique, c'est-à-dire l'idée selon laquelle notre économie peut commencer à intégrer dans le calcul de la valeur les externalités négatives ou positives d'une activité humaine.
Aujourd'hui, les députés de droite, Jean-François Copé en tête, nous ont apporté la preuve que l'UMP était toujours bien constituée de bourgeois réactionnaires, opposés par principe à tout ce qui pourrait ressembler à une taxe. D'accord pour sauver le monde de la catastrophe écologique, mais pas au risque d'effrayer «la mère de famille de trente ans» qui serait fort marrie de payer un centime de plus sur ses couches-culottes jetables.
Du courage politique, où ça?
mardi 12 août 2008
Les douze apôtres et les cinq courtisanes
Par Melfrid le mardi 12 août 2008, 11:08 - La vie romancée dudit Melfrid

jeudi 7 août 2008
Anti-conformisme
Par Melfrid le jeudi 7 août 2008, 23:38 - La vie romancée dudit Melfrid
Monsieur le président de l'ordre des experts comptables en a assez qu'on dise que les gens de sa profession sont des esprits étriqués et conformistes. Il a donc mis son bureau à l'envers, suspendu les chaises au mur, et a décidé de lancer une campagne de publicité destinée à pourfendre tous les clichés.

dimanche 3 août 2008
Blanquette de veau à la vanille
Par Melfrid le dimanche 3 août 2008, 19:56 - Le goût
C'est simple: vous faites une blanquette de veau, et quand vous avez préparé la sauce, vous la faites bouillir avec une gousse de vanille. Miam.
samedi 19 juillet 2008
La fleur au fusil
Par Melfrid le samedi 19 juillet 2008, 16:50 - La vie romancée dudit Melfrid
Melfrid a toujours eu des lectures éclectiques. Ainsi a-t-il eu l'occasion de feuilleter le dernier numéro du Bulletin de l'association générale de prévoyance militaire, la caisse qui alimente la longue retraite de nos vaillants soldats.
On y apprend qu'à l'instar de toutes les organisations et entreprises de France, la grande Muette a réalisé qu'elle devait, elle aussi avoir des actions en faveur de l'environnement.
Ce sont, en revanche, les agents de l'Etranger qui viennent polluer nos belles côtes bretonnes:
Disclaimer: il est bien sûr sous-entendu que la politique de l'armée envers le développement durable n'est valable qu'en temps de paix.
jeudi 17 juillet 2008
Bouger son sourcil droit
Par Melfrid le jeudi 17 juillet 2008, 00:47 - La vie romancée dudit Melfrid
Qu'auriez-vous fait à ma place?
Nous étions rue des Ecoles, au sortir de la projection du film Leningrad Cowboys meet Moses. Le deuxième volet d'une histoire abracadabrante, à l'humour noir savamment calculé, où le plus mauvais groupe de rock du monde, bananes longues comme le bras et chaussures à l'avenant, parti chercher le succès aux Etats-Unis, «pays où la pire merde se vend», est ramené à son pays, la Sibérie, par un Moïse peu crédible. Cette uvre déjantée est le produit du cerveau d'un de mes cinéastes préférés, Aki Kaurismäki.
A la sortie, je m'étais même offert l'intégrale en DVD. Il se trouvait alors que le film était projeté dans le cadre d'une rétrospective du cinéaste, et que justement Kaurismäki était là, face à nous, assis seul à la terrasse du Balzar, le regard baissé sur son verre de blanc à la manière des grands timides.
Que feriez-vous si vous aviez l'intégrale d'un de vos cinéastes favoris à la main et qu'il était en face de vous, désuvré? Ne me dites pas qu'à tout le moins, l'idée ne vous traverserait pas l'esprit: au risque de vous ridiculiser et de ne rien lui dire d'intéressant, vous l'abordez et vous lui faites signer.
Je me suis en effet ridiculisé, et je n'ai rien dit d'intéressant. Lui, probablement aussi embarrassé que moi, a eu une de ces saillies glaciales qui apparemment lui servent de moyen d'expression:
« - Merci d'avoir gâché votre soirée à venir voir mes films »
Si vous avez raté sa rétrospective début juillet, vous pouvez en voir quelques moments ici, notamment ceci:
« - J'aime les animaux, je me fiche un peu des gens.
- Il y a pourtant beaucoup d'humains dans vos films.
- Après de nombreuses recherches, je me suis rendu compte que les films marchent mieux avec des humains. Je ne sais pas si Walt Disney serait d'accord... »
Il y a aussi le secret de sa direction d'acteurs:
- « Vous ne devez rien bouger sauf votre sourcil droit »
Notez aussi la manière dont il a abordé André Wilms, l'un de ses acteurs récurrents (vous le connaissez: M. Le Quesnoy dans La vie est un long fleuve tranquille)
- « Vous avez un grand nez. C'est bien. Vous pouvez fumer sous la douche. »
Trève d'anecdotes. Kaurismäki, sous ses airs loufoques, est placé par la critique dans la lignée de Bresson, Godard, Antonioni, mais en version tragi-comique. Courez voir ses films.
mercredi 16 juillet 2008
Vert à l'extérieur...
Par Melfrid le mercredi 16 juillet 2008, 18:26 - Politique n'est pas un gros mot
Les Verts ont décidé de décerner un prix aux champions de l'"écoblanchiement", c'est-à-dire les entreprises les plus enclines à se repeindre en vert dans leurs publicités sans mettre en place la moindre action concrète derrière (en anglais on appelle cela le "greenwashing").
C'est par là que ça se passe...
lundi 30 juin 2008
Higuma, cantine à nouilles
Par Melfrid le lundi 30 juin 2008, 23:12 - Le goût
Les Parisiens trop fauchés pour s'offrir un aller-retour pour le Japon savent que, pour moins de dix euros, ils peuvent en découvrir un aspect rue Sainte-Anne, à la cantine à nouilles Higuma. Rien à voir, je vous rassure, avec les débits de poisson dupliqués à tous les coins de rue par des gens qui voient une légitimité suffisante dans le fait d'être Asiatique pour devenir restaurateur japonais.
À Higuma, si vous ne trouvez pas le raffinement que vous pouvez attendre de ce pays, au moins pourrez-vous y contempler un spectacle que je suppose authentique. Vous pourrez vous attabler derrière un bar en formica exténué qui tient lieu de séparation entre la salle et la cuisine. Vous y serez comme à une loge d'honneur sur un fascinant ballet à flux tendu. En face : un plongeur pakistanais et trois cuistots japonais parmi lesquels une hiérarchie semble établie.
Le premier se contente d'apprêter et de desserrer des paquets de longues nouilles ; ou de puiser le bouillon des soupes au fond d'une immense marmite, presque une citerne.
Le deuxième immerge des raviolis au fond de plaques couvertes d'eau et chauffées à feu vif. Quand l'eau est évaporée, il en laisse griller une face, puis les décolle à la spatule. Il lave ensuite la plaque, et recommence inlassablement.
Le troisième est de loin celui qui a la plus lourde charge, celle portée par trois grands woks posés en permanence sur des foyers à travers des sortes de lunettes de WC qui permettent de reconstituer l'ordre terrestre : le feu dessous, l'eau autour.
Dans ces woks, le maître-nouilles lance, imperturbable, les différents ingrédients de plats dont il déchiffre simultanément les libellés sur les tickets empilés par les serveurs : nouilles, riz, porc, légumes, soja, calamar À chaque volée de nouilles dans l'huile, des flammes monstrueuses s'élèvent une seconde, avant d'être prestement maîtrisées en un ou deux sauts de poêle. Un pas de rumba, deux gigotements de twist, une torsion de tango, et les plats, emmenés dans la danse, ont tôt fait d'être à point.
Le wok se vide et, sans qu'il quitte le feu, on le remplit d'eau et on le récure à la brosse métallique. Il est prêt pour la prochaine fournée.
jeudi 19 juin 2008
Enfer prohibitif
Par Melfrid le jeudi 19 juin 2008, 21:38 - La vie romancée dudit Melfrid
Il n'est pas dans mes habitudes d'agresser verbalement les inconnus, mais, en ce samedi où je déjeunais dans un lieu public, une borne avait été franchie.
« Il y en a marre de cet enfer prohibitif. »
Je me retournai. À ma gauche, il y avait un homme, la trentaine mal rasée, peut-être de gauche, en tout cas visiblement porteur de quelque révolte désorientée qu'on cherche à diriger vers un objet qu'on juge injuste, superflu ou oppressant : les banquiers, les Juifs, les Arabes, les communistes, le gouvernement, les Américains, les patrons, les pollueurs...
En l'occurrence, il parlait des lois anti-tabac.
Personnellement, en tant que non-fumeur, il me semble respirer bien mieux depuis que cette loi est en vigueur. Pour autant, auparavant, je n'avais pas trop l'impression que mes sorties du samedi soir étaient gâchées par la fumée.
Non, ce qui me gênait dans son propos, c'était son emploi des termes « enfer » et « prohibition ». Alors j'entrepris de lui faire la morale. L'enfer, c'est la souffrance, l'enfermement, la torture, la maladie, la faim L'enfer, c'est n'avoir rien à donner à ses enfants affamés. L'enfer prohibitif, c'est probablement les dictatures turkmène ou birmane, la condition des Palestiniens ; l'interdiction de s'exprimer, de se mouvoir. Pas celle de fumer dans les lieux publics.
On peut faire de la révolte un état d'esprit, un principe de vie. Cependant, là, dirigée ainsi, elle ne dégageait rien d'autre qu'un égoïsme franchouillard. Des mots puissants appliqués à de petits tracas quotidiens d'occidental bien nourri s'atténuent et se détachent de leur sens. Si l'enfer, c'est perdre sa famille dans une inondation au Bengladesh, et que c'est aussi le fait de devoir sortir pour se griller sa clope ; alors l'enfer, ce n'est pas si grave.
C'est ainsi que les pires situations deviennent acceptables.
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